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  • : Je me suis installée en Polynésie l'année du décès de mon père.J'ai écrit un livre pour lui,pour moi. Visite des iles,paysages,ambiance... Peut-être aimerez vous me suivre
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  • : 28/10/2006

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(pour lire le début du livre "Mon père me tenait par la main"cliquez sur cette catégorie et revenez au chapitre 1)


Me voici arrivée à la fin.
La fin du voyage.
La fin de mon bavardage.

Trois ans.
Trois ans se sont écoulés.
Papa n'est pas revenu.
C'est idiot ce que j'écris,mais s'il avait passé le seuil de la porte,j'aurais trouvé cela normal.
Trop envie de sa présence.
Manque.

Je ne le sens plus auprès de nous.
Il ne se passe pas une journée sans que je pense à lui.
Réellement.
Mais maintenant,les empreintes qu'il avait laissées autour de nous se sont effacées sous la gomme du temps.

Evaporation,diffusion.
Dans le néant,dans notre mémoire.
Son souvenir le plus puissant reste son odeur.
Odeur de bon pain.
Son sourire.
Ses mains,rèches et caleuses.

Depuis son départ la vie a changé.

Je me rends compte qu'il était le ciment de la famille.
Depuis son départ,peu à peu les fissures ont apparu.
Effritement.
Maman a changé.
La vie a changé.
Dillution.
Mon oncle Jojo et ma tante Arlette ont vendu leur maison et acheté un appartement en ville.
Eloignement.
Thomas et Thérèse se sont séparés.
Geoffroy est redescendu sur Marseille.
Distance.
Nous sommes repartis en Polynesie dans notre coin de paradis.

La vie a changé.
J'ai cessé de l'attendre.
J'ai perdu sa trace.
Seuls subsitent des fragments,des filaments de sa vie dans ma mémoire.
Il est là,tapi au fond de mon coeur.
Mais un voile s'est posé sur ses traits.
Une brume stagne sur mes souvenirs.
Des images surnagent,comme une ile dans un océan.
Des instants figés.
Sa voix ne m'est plus familière.
Je l'ai perdu un peu plus.
J'ai peur maintenant de le perdre davantage.
Jusqu'où ma mémoire va t elle défaillir?

Comme un iceberg fondant durant sa migration,mes souvenirs s'estompent.
Je pense à lui,encore.
Il devient un être immatériel,transparent.
Un image reste cependant en suspend.
Papa,un bouquet de jonquilles entre ses doigts.
Comme un coeur de soleil entre ses mains.
C'était juste une photo.
Juste avant son départ.

Je ferme les yeux.
Les fleurs de soleil.
La pression de ses doigts.
Non sur les fleurs.
Mais sur ma main.
Dans cette chambre d'hopital.
J'étais là.
Près de ce lit de fer blanc.
J'étais là,près de Papa.
Sa main paralysée posé sur le drap.
Sa main gauche entre la mienne.
Ses doigts qui serrent.

Mon père me tenait par la main.




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Lundi 4 juin 2007
commentaires (11)   

(pour lire le début du livre, cliquez sur la catégorie"Mon père me tenait par la main" et revenez au chapitre 1)

La musique s'emplifie légérement.
Quatre hommes hissent sur leurs épaules la boite de chène clair.
Papa sort,porté à bout de bras,entre deux rangées de visages aux yeux rougis.
Silence à l'extérieur.
Recueillement respectueux.
Tout le monde aimait Papa.
Gentil,conciliant jusqu'à parfois en paraitre faible.
Attentif,honnète,consciencieux et serviable.
Suceptible,mais regrettant toujours ses sautes d'humeur.
Papa,odeur de pain chaud,bon comme son pain.
Papa,sa moustache qui picote la joue quand on l'embrasse
Merde,où est il maintenant?
Où trouver son âme à défaut d sa présence?
Peut il nous faire un signe?

Maman est de nouveau entourée.
Certains l'embrassent,mouillant leurs joues de ses larmes.
D'autres serrent ses mains froides.
Paroles chuchotées.
On a peur de faire du bruit,soudain.
Sensation de valser.
C'est fini?
Et maintenant?
Vertige.

Le grand portail de fer est ouvert.
Portail peint en vert.
Grand ouvert.
Des traces de pneus strient le fin gravier des allées du cimetière.
Vertige.
Trou rectangulaire.
Tranchée hunide.
Saignée dans la glaise sabguine.
Monticule de terre grasse.
Monceaux de fleurs,profusion chatoyante.
Arc en ciel multicolore au bord du gouffre.

Descente.
Chutte au ralenti.
Cordes retenant la boite de bois blond.
Descente dans les entrailles de la terre.
Une motte s'effrite.
Bruit de cascade
Dégringolade.
Choc d'un caillou.

Le vide!
Le trou semble vide.
Se pencher pour voir?
Non!
Il repose maintenant sur la terre froide.
Froid.
Humidité glacée au sein de la terre.
Le doux soleil de printemps ne peut caresser si profond.
Deux mondes.
Séparation.
Abandon,soudain,sensation du vide.

L'impression de regarder un film tout en étant acteur en même temps,par instant.
Film qui passe au ralenti ou s'accélère subitement.
Temps de pause.
Déchirement,la conscience s'efface.
Je reprends mes esprits en sentant bien que j'ai manqué une image,une séquence.
Il me reste de flaschs,des vidéos de quelques secondes.
Je me souviens,mais....de quoi réellement?
Manque de netteté,tout est flou par moment.
La conscience s'évapore.
Pourtant j'assure,j'essaie.

Comme à l'hopital de Flériat,sensation d'ubiguité.
Dédoublement.
Impression d'être doble.
Une qui avance,qui agit,qui assume.
L'autre qui se laisse porter.

Vide.
Attirance pour ce trou béant qui saigen l'allignement des pierres dressées.
Envie de s'asseoir,là,sur le tas de terre jaune et grasse et d'attendre.
Le calme,le départ de tous ces gens.
Même maman!
Seule,rester seule au bord du gouffe et attendre.
Repos,désir d'oublier.
Attendre.
Veiller le corps de Papa.


Peu à peu,les employés des pompes funèbres recoivrent la boite blonde.
Je ne vois rien,mais j'entends le ruissellemnt de terre et de cailloux mélés qui atterrissent en pluie sur le couvercle.
Glas funeste.
La poitrine me serre.
Manque d'air.
Merde et merde,ça ne va pas du tout!
Nécessité de bougr.
Bouger pour ne plus penser,essayer de ne plus penser.
Besoin,nécessité impérieuse.
Quelques minutes,quelques secondes d'amnésie.

L'autre moi s'active.
Je réponds à quelqu'un,qui?
Je ne sais pas ,à l'instinct.
Quoi,aucune idée,je ne me souviens pas.
Je tiens les clefs de voiture tellement serrées dans ma main que le fer marque ma paume.
Hureusement la foule qui s'agglutinait sur le parvis de l'église n'a pas suivi jusqu'au cimetière.
Seuls les proches sont présents.
Pas de défilédans l'allée emplie de corbeilles de fleurs,de presentations,de gerbes,de bouquets.
Aucune plaque,Papa les avait en horreur.

C'est la fin de l'après midi.
Le soleil s'enfuit.
Lueurs roses et turquoises s'unissent à l'horizon.
Lumière rasante posant un film vaporeux miroitant sous les rayons déclinants.
Odeur capiteuse.
Une gerbe de grands lys diffuse ses parfums.
Vent léger.
Frolement sur les calices délicats.
Frissons des pétales de soie blanche.
Douceur del'air.
Un héron cendré se dirige vers les couchant.
Vol ample et fluide.

Je ferme les yeux.
Longue respiration.
Toute petite,fragile et desespérée.

Papa nous a abandonné.

 





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Lundi 21 mai 2007
commentaires (7)   

Pour lire le début du livre,cliquez sur la catégorie"Mon père me tenait par la main" et revenez au chapitre 1)

L'heure approche.
La plupart des personnes présentes décide de se rendre une dernière fois au salon mortuaire.
Dernière visite,dernier adieu.
Pupitres de bois à l'entrée du salon.
Les registres attendent,couverture de velours vert.
Plus de cent familles déjà ont griffonné un petit mot,un au revoir sur les pages couleur crème.
Je ne peux les accompagner.
Impossible,toujours impossible.
Papa debout,un peu de dos,dans un champ de jonquilles,un bouquet d'or dans ses mains.
Je ne veux rien d'autre.
Je me suis repliée autour de cette image.
Je n'ai pas le courage,je fuis.
Et puis Papa n'aurait certainement pas apprécié d'être dévisagé ainsi.

Je suis la dernière à partir.
Maman a essayé de m'entrainer.
On dirait qu'il  dort,m'a t elle dit.
Non!
Non et non!
Illusion.

Je ferme la maison.
Une petite brise se faufile dans les brances grumeleuses de fleurs des hauts sapins.
Des volutes de pollen qui scintillent sous le soleil.
Poudre fine d'ocre clair.
Pluie d'or pleurant des arbres dans le jardin de Papa.
La voiture de Papa m'attend devant le perron.
Vieille Peugeot 405.
Papa est present partout dans cette voiture.

Gris métallisé recouvert de poussière de fleurs.
Le port clés avec une petite figurine en acier représentant ue pin up toute nue.
Les seins de la minuscule statuette sont usés par le contact et le frottement contre le support du volant.
Bulletins du Loto,stylo sans capuchon,un jeton de caddy,un vieux torchon,une carte routière écornée,le constat d'assurance,une enveloppe avec une facture télécom,un gratte vitre en plastique,les papiers du véhicule dans une pochette simili cuir avec une ancienne photo d'identité de Papa et maman,sa carte de grouppe sanguin et sa carte d'électeur,un rubrique du journal"Le Progrès",une boite d'ampoules de rechange,un paquet de bonbons entamé,une clé de portail,une peau de chamois,un bout de ficelle,tout ce bric à brac occupe le vide poche et les rangements dans les portières.
La poussière,des parcelles de terre,des brindilles d'herbe et quelques grains de blé parsèment les tapis de sol.
Dans le coffre,un vieux journal,des sacs pour sugelés,une serpière aux motifs géométriques,une veste de laine,un parapluie.
Elle a besoin d'un bon nettoyage et surtout de passer le controle technique,j'ai vu que la date était dépassée.

Je me gare sur la place de la salle des fètes.
Le terrain du jeu de boules est désert.
Les platanes aux feuillages encore épars.
L'église est à une cinquantaine de mètres.
Le parvis est noir de monde.
La voiture noire de l'entreprise Métras attend près des jardinières vomissant des géraniums écarlates.
Une cloche tinte.
Glas sinistre.
Mes beaux parents me font signe,m'embrassent.
Ils viennent de Champier,plus particulièrement d'un petit hameau,Flevin.
Havre de tranquilité aux odeurs de vaches,d'herbe fraiche et de résine des grands sapins.
Le pays des vacances de Serge pendant son enfance.

Je reconnais des visages,serre des mains,tend la joue pour recevoir un baiser d'une tante,d'un oncle,des anciens clients ou amis de mes parents.
Je me laisse porter.
Jamie,l'autre grand mère de Geoffroy et son mari Thomas,les enfants Gotte,Monique et Gérard.
Le curé en aube violet et chasuble blanche immaculée patiente devant le seuil de l'église aux portes grandes ouvertes.
Des enfants de choeur et deux servants l'accompagnent.
Pascal,l'ex mari de Véro tient les mansde maman,réelle douleur dans ses yeux.
C'est l'heure!
Le prètre tel un chef d'orchestre donne le signal.
Maman me cherche des yeux,me fait signe d'approcher.
Thomas à sa gauche,moi à droite.
On entre.
La nef,larges dalles de pierres dorées,usées et luisantes.
Rangées de bois.
Le choeur dans la clarté tremblante due aux bougies qu'un souffle fait tressaillir.
Des fleurs,touches de blanc surtout.
Le bois au reflet de miel blond et chaleureux.
Le bois du cercueil!
Au centre.
Devant l'autel.
Image figée.
Maman qui sanglotte puis se reprend en se mouchant.
Premier rang.
On peut toucher le bois doré du bout des doigts si on veut.
Mon regard parcourt l'assemblée.
Moncel,petit sourire crispé,des visages conus,petits signes de tète.
Merçi à tous d'être là,si proche.
Merç pour Papa.
Mon dieu,il est là,dans cette boite,juste devant moi.
Immobile,inerte,muet,aveugle,invisible,derrière l'écran de bois.

De temps en temps maman frissonne,porte son mouchoir à son nez,à ses yeux
Une plainte,une seule,Véro qui flanche,Fred la soutient,la berce.
C'est passé.
Le prètre résume 71 années.
Son ton est égal,aucune aspérité dans son intonation,manque d'émotion.
Il ne le connait pas,il ne l'appréciait pas,il ne peut en parler autrement

J'ai gardé mes lunettes de soleil.
Les larmes encombrent mes paupières.
Toujours cette pudeur à se dévoiler.
Je ne veux pas pleurer,je ne veux pas que l'on me voit,c'est aussi bète que cela.
J'ai un mouchoir en papier serré entre mes doigts au fond de ma poche.
Je suis vétue de blanc,mais ai endossé un long manteau noir aux poches profondes.

La musique résonne contre les murs ocre.
Requiem,lequel,je ne me rappelle plus.
Odeur d'encens.
Un enfant de choeur balance l'encensoir autour de l'autel.
Volutes pales et diaphanes montant vers la voute.
Fumée d'un sacrifice paien.

Fin de l'office.
J'ai traversé ce laps de temps,ces quelques minutes sans vraiment m'en rendre compte.
Bruits de pas,de tissus froissés,raclements de gorge,chuchotements.
Commence l'interminable.
Chaque personne présente vient assurer maman de sa présence,de sa compassion.
Défilé de mains tendues,embrassades furtives ou appuyées.
Réconfort et gène mélés.
Hypocrisie?
Non je ne pense pas à ce moment.
Parfums qui vous effleurent,souffles contre la tempe.
Je reconnais de nombreuses personnes maintenant qu'elles passent tout près.
Les amis des bals masqués et des réveillons,les anciens clients,presque amis.
Certains visages me sont familiers,amis impossible de trouver  nom qui les accmpagne.
Maman chavire par instant,se laisse aller contre une épaule,s'accroche aux doigts.
J'ai l'impression d'être seule au milieu de ce déluge de compassion.
Serge,si loin et si présent pour moi.
Merde et merde!
Il sait,ressent ce que nous endurons aujourd'hui et il ne peut être là.
Il subit un désarroi identique,6000 kilomètres plus à l'ouest,de l'autre coté du grand bleu.
Tenir nos doigts emmélés.
Il a envoyé à maman une très belle lettre,tendresse et gentillesse.
Maman sait qu'elle peut compter sur nous.
Papa a compris que nous serions là quand il m'a serré la main,allongé entre les draps blancs.
Pour nous cest impératif.
Comment se regarer dans un miroir si nous n'épaulons pas maman maintenant et surtout après.
L'après?
Incertitude.
Mman,comment va t elle réagir,comment va t elle vivre?
Vivre tout simplement,seule,sans Papa?












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Samedi 19 mai 2007
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Au raz de l'eau,les couleurs changent.Les turquoises s'habillent de gris.
Au raz de l'eau,le bleu revet des reflets métalliques.Camaîeu de mercure au zèbrures translucides.
Les rayons du soleil dévient,irisent les courbes des vagues.
Le ciel et la terre se séparent,se distinguent,s'identifient chacun par rapport à l'autre.
Le ciel s'étale,traversé par la course ouatinée des nuages rebondis.Le bleu resiste,s'accapare l'espace.
A même la surface,la mer varie,s'étire,s'impose.Sa matière prend de la consistance,s'emplifie.
Les couleurs perdent cette blancheur laiteuse du lagon.La transparence devient critalline,scintillante.
Fluidité des fils de lumière parcourant l'ondulation des flots.
Apaisement.
Saveur d'éternité.
L'instant en suspension.
On se perd entre ciel et terre.
 

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