Serlaurefenua
IA ORANA MAEVA
Je vous offre un collier de fleurs de tiare au parfum capiteux,
un air de ukulele
et les couleurs lumineuses de ce coin de Pacifique
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copyrigth
(pour lire le début du livre "Mon père me tenait par la main"cliquez sur cette catégorie et revenez au chapitre 1)
Me voici arrivée à la fin.
La fin du voyage.
La fin de mon bavardage.
Trois ans.
Trois ans se sont écoulés.
Papa n'est pas revenu.
C'est idiot ce que j'écris,mais s'il avait passé le seuil de la porte,j'aurais trouvé cela normal.
Trop envie de sa présence.
Manque.
Je ne le sens plus auprès de nous.
Il ne se passe pas une journée sans que je pense à lui.
Réellement.
Mais maintenant,les empreintes qu'il avait laissées autour de nous se sont effacées sous la gomme du temps.
Evaporation,diffusion.
Dans le néant,dans notre mémoire.
Son souvenir le plus puissant reste son odeur.
Odeur de bon pain.
Son sourire.
Ses mains,rèches et caleuses.
Depuis son départ la vie a changé.
Je me rends compte qu'il était le ciment de la famille.
Depuis son départ,peu à peu les fissures ont apparu.
Effritement.
Maman a changé.
La vie a changé.
Dillution.
Mon oncle Jojo et ma tante Arlette ont vendu leur maison et acheté un appartement en ville.
Eloignement.
Thomas et Thérèse se sont séparés.
Geoffroy est redescendu sur Marseille.
Distance.
Nous sommes repartis en Polynesie dans notre coin de paradis.
La vie a changé.
J'ai cessé de l'attendre.
J'ai perdu sa trace.
Seuls subsitent des fragments,des filaments de sa vie dans ma mémoire.
Il est là,tapi au fond de mon coeur.
Mais un voile s'est posé sur ses traits.
Une brume stagne sur mes souvenirs.
Des images surnagent,comme une ile dans un océan.
Des instants figés.
Sa voix ne m'est plus familière.
Je l'ai perdu un peu plus.
J'ai peur maintenant de le perdre davantage.
Jusqu'où ma mémoire va t elle défaillir?
Comme un iceberg fondant durant sa migration,mes souvenirs s'estompent.
Je pense à lui,encore.
Il devient un être immatériel,transparent.
Un image reste cependant en suspend.
Papa,un bouquet de jonquilles entre ses doigts.
Comme un coeur de soleil entre ses mains.
C'était juste une photo.
Juste avant son départ.
Je ferme les yeux.
Les fleurs de soleil.
La pression de ses doigts.
Non sur les fleurs.
Mais sur ma main.
Dans cette chambre d'hopital.
J'étais là.
Près de ce lit de fer blanc.
J'étais là,près de Papa.
Sa main paralysée posé sur le drap.
Sa main gauche entre la mienne.
Ses doigts qui serrent.
Mon père me tenait par la main.
Il est vrai qu'une page se tourne et nos vies ne sont plus de tout les mêmes mais que pouvons nous y faire ! ! maman disait toujours que la roue tournait pour tout le monde: elle avait raison mais cela est si dur ! ! bonjour Marie-Laure...
Comme elle bien décrite, cette lente trahison de la mémoire... C'est terriblement émouvant... éprouvant tellement on suit pas à pas cette "évaporation", cette "dilution" dis-tu... Les mots sont bien venus...
Le temps peut bien trahir, il reste l'amour...
bise amicale
jean-marie
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A même la surface
Espace,Luninosité.
Evasion,transparence.
Filaments lumineux ondulant au gré de la houle.
Les vagues deviennent bulles.
Au raz de l'eau,les couleurs changent.Les turquoises s'habillent de gris.
Au raz de l'eau,le bleu revet des reflets métalliques.Camaîeu de mercure au zèbrures translucides.
Les rayons du soleil dévient,irisent les courbes des vagues.
Le ciel et la terre se séparent,se distinguent,s'identifient chacun par rapport à l'autre.
Le ciel s'étale,traversé par la course ouatinée des nuages rebondis.Le bleu resiste,s'accapare l'espace.
A même la surface,la mer varie,s'étire,s'impose.Sa matière prend de la consistance,s'emplifie.
Les couleurs perdent cette blancheur laiteuse du lagon.La transparence devient critalline,scintillante.
Fluidité des fils de lumière parcourant l'ondulation des flots.
Apaisement.
Saveur d'éternité.
L'instant en suspension.
On se perd entre ciel et terre.
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