Mon père me tenait par la main chapitre 16 suite

Publié le par Marie-Laure

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Je suis triste.
Triste à cause de mon oncle Dédé.
J'aimerais tant le retrouver comme autrefois quand j'étais enfant.
Retrouver un peu d'insouciance d'alors.
Il était instituteur.
Je me souviens dun appartement à Macon dans un petit immeuble,à coté d'une école avec un immense parc.
Dans ce parc,une galère,grande balançoire formée d'une poutre de cinqou six mètres de longueur au bout de bras de fer et sur laquelle on peut s'asseoir,aligné à la queue leu leu à plus d'une dizaine.
L'été on pique niquait dans ce parc.
Couvertures à carreaux posées sur le tapis d'aiguilles des séquoias sous l'ombre des grands arbres centenaires.
On se balançait.
Cousins,cousines,frères et soeurs.
Parties de badmington.
J'adorais jouer avec ma tante Andrée.

On prtait das la campagne du Beaujolais,les grandes personnes testaient les derniers crus,les comparaient aux anciens.
Les gosses sirotaient des limonades en passant entre les futs,respirant la fraicheur parfumée des caves.
L'ambiance était festive,détendue.
Le nectar rouge rubis y était certainement pour beaucoup.
Toute la famille s'asseyait autour des tables sur les terrasses bordées de rosiers en fleurs.
On dégustat du saucisson avec du pain à la mie brunâtre,des fromages de chèvres à la crème et aux fines herbes,des tartes aux pralines.
Pour éponger lançait un convive,un "dégustateur".
Certains soirs,après la ballade dans les vignobles,les étapes dans les caveaux ,on dormait sur place à l'appartement.
Les conducteurs étaient fatigués.
Les voitures ne pouvaient rentrer toutes seules.
L'appartement avait deux chambres,un séjour salon.
Une nuit,on a dormi à plus de quinze je crois.
Ce fut une grande partie de rigolade car certains avaient les pieds des autres sous le nez.
Enfant,je raffolais de ces imprévus,et dieu sait qu'avec mes parents il y en a eu des imprévus,cocasses,amusants.
J'étais curieuse de tout.
Mon oncle avait des livres,beaucoup de livres et des réponses à mes questions.

Journée de pèche.
Point de ralliement,l'épicerie de mes grands parents.
On couchait tous sur place.
La veille,mon père avait été à la recherche de vers de terre.
Au fond du jardin,il existait la cabane au fond du jardin!
Les toilettes nature!
A coté,une haie de framboisiers.
Le tas de compost où s'entassaient tous les déchets du jardin et de la cuisine.
On soulevait la couche de végétaux en décomposition et avec la bèche mon père où mon grand père creusait une tranchée.
Des lombrics apparaissaient entre les motts de terre,aussitôt saisis et balancés dans une boite de conserve.
En peu de temps nous avions suffisamment de bestioles pour alimenter toutes les cannes des pècheurs.
Nous partions tôt le matin,avant le lever du jour.
Dans le coffre du break s'entassaient le matériel,les glacières
,les paniers du pique nique,les couvertures,les jeux,les vètements de rechange.
Nous partions à deux ou trois voitures,des fois davantage.
Mon oncle Dédé et ma tante Andrée,mon cousin Serge,Jojo et Arlette et leur fille Sophie conscrite de mon petit frère,mes parents,Véro,et Tom,parfois René et Marie-Jo et leurs enfants,sans compter de amis et leur progéniture et souvent mon cousin Jean-Marc.
La destination variait,mais nous allions souvent à Izernor.
Descente à pied par un sentier bordé de noisetiers et de fougères.
Torrent bondissant près d'une petite retenue d'eau.
Tourbllons entre les arbres plongeant leurs racines dans les eaux bouillonnantes.
Rives ombragées et recouvertes de moquettes d'herbe moelleuse.
Tout le monde pèchait,les grands comme les petits.
Plaisir d'être ensemble.

Mon oncle est parti à la Guadeloupe au début des années 70.
Lors de notre séjour avec ma grand mère il était le même.
Divorce.
Il a changé peu à peu après sa mutation en Guyane.
Eloignement.
Responsabilité accrue,microcosme de fonctionnaires.
Eloignement de la famille,il a pris l'habitude de vivre sans elle.

La vie a continué.
Malgé leur travail très prenant,mes parents ont toujours privilégié les sorties en famille,entre amis.
Je me souviens de soirées mémorables.
A partir de quatorze,quinze ans j'accompagnais mes parents.
Une fois,toute la bande d'amis avait organisé un bal masqué.
La soirée se déroulait chez un couple près de Villefranche sur saône.
Le garage était aménagé pour permettre les soirées,même en hiver.
Maman était déguisée en nounou noire,perruque crépue,robe de madras et teint au brou de noix.
Plusieurs couches successives avaient été nécessaire pour donner à sa peau l'aspect brun cuivré des Antilles.
Arlette état en Mary Poppins et moi même faisait un charlot très acceptable grâce au costume de mariage de mon oncle Jojo.
Les deux plus réussis étaient mon père et Jojo.
Ils portaient un déguisement de moine,avec sandales et robe de bure,ceinture torsadée,crucifix et tonsure.
Pour parfaire le tableau,ils avaient décidé de se rougir le nez et les paumettes et de se doter d'un ventre rebondi à l'aide d'un oreiller tenu par des sangles autour de la taille.
Jojo portait déjà le sien et avec son maquillage il avait vraiment plus l'allure d'un adepte de Bacchus que d'un serviteur zélé de dieu.
Mon père conduisant,il n'avait pu fixer son ventre car l'espace entre le siege et le volant ne permettait pas ce genre d'accoutrement.
Quelques centaines de mètres avant la villa où nous étions attendus,Papa s'est garé sur le bord de la route.
Nos avons souvent éclaté de rire en repensant à la tète des automobilistes nous croisant.
Ue dodue doudou aidé d'un énorme abbé rubicond aidantun autre moine à la trogne réjouie,aube relevée,à maintenir son bedon en position.
Ma tante et moi étions secouées d'un fou rire dans la voiture,ce qui n'aidait guère à la concentration des trois autres compères.
Le duo des deux moines a été le souvenir de cette soirée.

Peu à peu le cercle d'amis s'est dissoud.
La maladie,la disparition d certains,l'éloignement d'autres.
Le coeur n'y était plus.
On se voyait encore,mais plus de manière aussi festive.
Quand certaines personnes s'en vont,un vie s'installe difficile à combler.

Depuis un quinzaine d'années,Serge,les enfants et moi vivons loin de la famille.
Nous revenons chaque année pour quelques mois.

Le bord de la Méditerranée avec la Corse et le midi,Carry le Rouet.
Les Antilelles,la Guadeloupe et enfin la Polynesie,Moorea Boa et Tahiti.
Geoffroy a choisi de rester en métropole à notre départ aux Antilles et Garry avant que nous partions pour le Pacifique.
Tahiti,les îles du vent,les îles sous le vent,les archipels semés du nord à l'est,de l'est au sud comme par la main magique d'un marchant de sable facétieux.
Iles lumineuses,jardins celestes,beauté radieuse.
Douceur et gentillesse des habitants.
Quand on vient de la Guadeloupe,le changement est saisissant.
Sécurité,langueur paisible.
Lapremière année a été découverte,farniente,imprégnation de senteur et de saveur.
Mais pour nous le cout affectif est très lourd parfois
12 heures de déclage horaire,difficulté de dialogue avec la métropole.
24 heures de voyage,cherté des billets qui limite les allers et retours.
On ressent une déchirure,une faille depuis que nous vivons sur les iles du bout du monde.
C'est la première fois que nous avons cette sensation.
Le f qui nous relie aux persnnes que nous avons laissé en France semble s'étioler.
C'est surtout l'absence des deux garçons qui est difficile à gérer.
Angisse,peur de ne pas savoir.
Mais c'est plus fort que tout.
Nous avons besoin de vivre dans cette région du monde.
Nous sommes partis pour le Pacifique après le départ de Papa.
Cela était prévu depuis longtemps.
Garry est resté chez mes parents pour poursuivre ses études.

Mes parents n'avaient pas pu venir en Guadeloupe.
Papa avait subi une grave intervention,pose d'artères suite à des anévrismes,longue convalescence,suivi médical impératif.
Maman a également fait un séjour à la clinique,cmplication,allergie à l'iode.
Nous espérions qu'ils pourraient faire le voyage vers la Polynesie,mais la vie en a décidé autrement.






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grenouille 25/04/2007 13:52

Je me rappelle de vos déguisements pour ce bal masqué.
Je revois ta Maman descendre les escaliers en Doudou, à l'époque je m'étais bien demandé comment elle avait pu devenir aussi noire, elle qui a la peau si claire.
De beaux souvenirs...