Mon père me tenait par la main Chapitre 16

Publié le par Marie-Laure


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Audrey a rejoint son père.
C'est une jolie jeune fille,très brune,cheveux mi longs en boucles souples.
A près avoir vécu toute son enfance en Guyane,elle est venue terminer ses études en France à Toulouse.
Son ami d'e'nfance l'avait suivi également.
Un grand jeune homme a la peau couleur de cannelle.
Là,mon oncle bondirait.
J'ai donné un détail en mentionnant la couleur de peau.
Problème.

Je me rappelle un conversation.
Papa,maman,Dédé,Serge et moi.
Je parlais d'un voyage que j'avais effectué avec ma grand mère en Guadeloupe au début des années 70,c'était juste après le BEPC.
D'un pécheur de langouste en particulier.
Mon oncle ne voyait pas de quelle personne il s'agissait.
Un pecheur de langouste et de poissons qu ma tante rencontrait régulièrement pour s'approvisonner.
Pour l'orienter,je lui ai donné des détails.
Le pècheur en question nous avait embarqué avec ma grand mère,ma tante et mon cousin  sur sa barque pour nous faire visiter l'îlet Pigeon,y pique niquer et ramasser des lambis.
A cette époque,il suffisait de plonger à deux ou trois mètres pour les cueillir à profusion sur le sol sableux.
Nous avions  pu suivre la nageondulante d'un serpent de me,rayé tel un bagnard.
Nous avions déjeuner dur la plage,détaché de noix de coco pour se désaltérer.
Mon oncle ne trouvait toujours pas de qui je parlais.
J'ai finalement précisé en disant:"Mais enfin un grand,noir,très costaud et..."Je n'ai pu terminer,mon oncle s'est levé en colère.
"Vous les Curvt,tout de suite les différences"
Je suis restée bouche bée quelques secondes,nous nous sommes regardés,Papa,Serge et moi.
Il semblait réllement faché.
"Mais c'est pour te donner une indication,pourquoi vois tu du ml à ça?
On dit bien untel a les cheveux blonds ou les yeux bleus,pourquoi ne dirait on pas il a la peau blanche ou noire,où est le problème?"
Mais voilà,pour mon oncle il y a aussitot une conotation raciste dés que l'on parle couleur de peau.
Stupide!
Personnellement,ça ne vient même pas à l'idée de supposer faire une différence.
La couleur de peau,la religion,l'origine géograhique ou culturelle,aucune importance.
Je suis parfois méfiante face à l'étranger,l'inconnu,mais toujours curieuse.
L'important,c'est l'individu,sa pensée,son âme.
Depuis qu'Audrey vit avec son ami guyanais,il parait encore plus suceptible sur ce sujet de couleur de peau.
Peut-être que cela va s'atténuer puisqu'ils viennent de se séparer.
Mais Audrey parait un peu fatiguée,déstabilisée.

Nous nous rendons à la cure.
Bosquets d'hortensias contre le mur.
Les fleurs feront de beaux bouquets bleus.
Entretien avec Monsieur le curé.
Petite cloche de cuivre à l'entrée.
Nous entrons après l'avoir fait résonner.
Large hall,des tableaux d'affichage sur les murs.
Le curénous accueille.
Costume noir,liseré blanc au col,petite croix d'argent sur le revers du veston.
Voix douce,sirupeuse.
Je n'aime pas la voix des serviteurs de dieu,toujours les mêmes mots,les mêmes intonations.
Un vocabulaire sécial,un code.
Cela memet mal à l'aise.
Poigne de main vigoureuse.
C'est mieux.

Nous pénétrons dans une vaste pièce.
Je la trouve vieillotte, impersonnelle,manque de chaleur et de couleur.
Mnque d'intimité.
De grandes fenètres coté rue,sur la nationnale,mais qui ne donnent  pas suffisamment de luminosité.
En face,placards muraux dont les portes montent jusqu'au plafond.
Peinture beige un peu cra cra.
Plusieurs tables mis bout à bout recouvertes de toile cirée,j'ai horreur des toiles cirées,et entourées de chaises de bois occupent toute la longueur de la salle.
Des revues la parsèment dans un coin.
Des affiches sur les murs là encore.
Différents spectacles dans les églises des environs.
Le curé s'assoit d'un coté,dans la longueur,dos aux placards.
Nous sommes en face,mon oncle entre Audrey et moi.
Le prètre demande pourquoi maman est absente.
Il désire que nous lui parlions de Papa,expliquant ne pas très bien le connaitre.
Il l'a rencontré en ville de temps en temps,bonjour,comment allez vous,au revoir,rien de plus.
Tout d'abord le choix de la cérémonie,une messe,une simple bénédiction?

Maman veut une messe.
D'ailleurs maman et moi avions croisé le prètre sur le parking de la mairie.
C'était hier je crois,je n'ai plus tellement la notion du temps.
En sortant de la poste.
Le curé avait longuement serré les mains de maman dans les siennes.
Maman pleurait doucement.
Il avait des yeux teintés de tristesse.
Cela m'avait marqué,il paraissait vraiment sincère!
Il avait assuré maman de sa disponibilité.
Si elle avait besoin,envie de parler,d'être écoutée.
Il était là,elle n'avait qu'à pousser sa porte.
Maman avait balbutié de remerciements.
Elle voulait qu'il dise une messe pour Papa,mais qu'il n'oublie pas d'associer ses parents et son frère Henri.
Maman veut que sa famille déjà partie avant lui soit présente auprès de Papa,elle insistait.
Le curé a sorti son calepin pournoter les noms et les prénoms des personnes qu'elle désirait voir citer.
J'avais été surprise par le comportement de ma mère.
Subitement elle décidait,voulait,insistait même.

Mn oncle Dédé pend la parole.
Tout d'abord il se présente,puis Audrey.
Bien montrer que sa fille est là présente.
Il explique qu'elle  fait le déplacement depuis Toulouse pour accompagner son oncle Louis.
Souligner qu'elle est présente.
Je comprends l'alusion,car il n'a pas trouvé à son goùt que je demande à Geoffroy de s'abstenir de monter.
Message reçu cinq sur cinq.
Mais je m'en fiche,cela ne le regarde pas.
Punaise,ça commence bien!

Le curé reprend la parole,sort un carnet et un stylo d'une de ses poches.
Il veut des détails sur mon père.
La date de naissance,le nom de ses frères et soeurs,ses parents,leurs décès,leurs métiers.
Dédé répond,mais au bout de quelques minutes,la conversation dévie.
Il explique qu'il habite en Guyane,qu'il vient d'arriver en urgence.
Là bas il a des responsabilités,il a l'habitude de faire des discours,de se comporter en société.
C'et pas vrai!
Je suis de plus en plus mal à l'aise.
Qu'est ce qu'il nous raconte?
Où est le rapport?
Le curé le regarde d'un air surpris et étonné.
Sourcil gauche en accent circonflexe.
Il ne semble pas comprendre lui non plus où mon oncle veut en venir.
Son stylo en suspension au dessus de sa page de carnet.
Il remue sur sa chaise,se passe les doigts dans ses cheveux coupés très courts.
Audrey,les bras croisés sur la table semble regarder dans le vide.
Je sens une bouffée de chaleur m'envahir.
Le curé a du sentir mon malaise car il m'adresse un regard.
Interrogation!

Je coupe la parole à mon oncle.
"Et si on revenait à ce qui nous préoccupe!
Je me rapproche de la table en disant cela.
Ma chaise grince sur le carrelage.
Le prètre reprend.
Je sens comme un soulagement dans le ton de sa voix.
Il aimerait connaitre le parcours de Papa,son travail,sa vie de tous les jours,ses loisirs,ses aspirations.
Comment en parler?
Résumer une vie en quelques mots sans y être préparer?
A vif!

Nous avons du rester une petite heure.
Une petite heure pour retracer la vie de Papa,son parcours de sa naissance à son départ!
Même pas soixante minutes pour relater soixante et onze années!













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Commenter cet article

Mimisan 24/04/2007 13:55

C'est vrai que dans ce genre de circonstances il y a ça aussi... quand on n'a pas à le vivre, on n'y pense pas... Comme tu dis, quelques minutes pour toute une vie... une façon de nous faire comprendre que nous sommes peu de choses???Bisous