Mon père me tenait par la main Chapitre 14 suite

Publié le par Marie-Laure

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J'ai des gouts qui me reviennent.
La brioche et le pain de mie de Papa.
Mon dieu,à eux seuls ils étaient récompence.
Incomparable!
Je n'ai jamais retrouvé cette douceur en bouche.

Il achetait ses oeufs chez les paysans des alentours,il leur trouvait le jaune plus jaune,un blanc qui montait mieux en neige.
Le mardi,jour de marché,les fermières déposaient à la boulangerie des cages d'osier remplies d'oeufs,des douzaines sur lit de paille.
Papa ou un apprenti les rangeait soigneusement dans des paniers dans une salle obscure jouxtant le fournil.
Leur tour de marché terminé,les dames venaient récupérer les corbeilles.
A certaines périodes,les poules pondent beaucoup moins,aussi Papa prenait ses précautions.
Il achetait tous les stoks disponibles et remplissait d'oeufs des saloirs de grès qu'il recouvrait d'eau additionné d'un produit qui rend l'oeuf imperméable en refermant les pores de la coquille.
On peut ainsi les conserver très longtemps sans problème et en gardant une excellente qualité.
Les croissants,pains au chocolat et cahussons aux pommes.
Parfum de beurre et saveur croustillante,fondant sous la langue.
Autres sujets de plaisir,comme les tartes à la crème.
Les tartes à la crème!
Lit de brioche pour garniture de sucre et de crème fraiche.
Rien que cela,et pourtant quel délice!
Il y avait toujours un gourmand pour racler à la cueillère les coulures de crème qui avaient débordées de la brioche sur les plaques de tôle au sortir du four.
Caramel au lait.
Quand Papa faisait sa patisserie qui pourtant était très simple,lécher une cueillère de ganache ou un reste de meringue devenait un plaisir.
Au moment des fètes de fin d'année,pour Noël,Papa fabriquait des buches.
Il préparait des plaques de génoise mousseuse,légère et parfumée.
Odeur de vanille.
Ensuite il alignait sur le plan de travail en marbre des saladiers de crème au beurre,au grand marnier,au praliné,au rhum,à la vanille et suprème des suprème la ganache au chocolat!
La ganache n'est pas une crème au beurre,mais un dosage de crème fraiche et de chocolat noir fondu.
Du vrai beurre,de la vraie crème que Papa commandait directement à la crèmerie par bidon entier.
Chocolat,tablettes énormes pour géant gourmand.
Une merveille!

Papa aurait été malade de travailler autrement.
Maintenant les patissiers doivent utiliser des beurres de margarine,des oeufs en poudre,des crèmes en poudre,d'autres poudres encore pour stabiliser,faire lever,plus question d'acheter ses produits dans les vrais petits commerces ou directement à la source de production comme chez les fermiers producteurs.
Non,interdit!
Communauté europeenne,règle d'hygiène,règle de fabrication qui mènent à la débilité profonde!
Je me rappelle,quand j'étais enfant,toutes ces contraines n'existaient pas.
Le boucher,le charcutier et d'autres encore,enveloppaient vos achats dans un simple papier sulfurisé.
Le fermier avait le droit de vendre son lait,ses fromages et ses oeufs à qui le lui demandait.
Je n'ai pas souvenir avoir entendu parlé d'épidémie ,d'intoxication,d'empisonnement.
La gastro entérite est par contre une réalité constante aujourd'hui!
Cherchons l'erreur!

L'installation de Papa à Villars fut comme un nouveau départ.
Retour dans des paysages familiers.
Deux fois par semaine,il faisait des tournées dans deux villages proches,Boulignieux et Saint Olive.
Malgré la fatigue,car après sa nuit de travail il chargeait son break Peugeot,se changeait et partait pour plus de deux heures environ.
La voiture était amménagée pour le transport du pain aligné verticalement,Papa pouvait en emmener plus d'une centaine,flutes et gros pains principalement.
Sur le coté droit,au niveau de la porte arrière,des rayonnages permettaient d'apporter paquets de pâtes,de biscuits,de farine,café,bonbons et tablettes de chocolat.
C'est un ami de mes parents,Marc Montorfano,menuisier,ébéniste,qui a conçu en bois cet amménagement sur mesure.
Les Montorfano rencontrés à Neuville sur Saône et venus également s'installer à Villars.
Ils ont un magasin tenu par Guillemette en bordure  de ville,grande surface du meuble.
Marc créait et réparait dabns un immense atelier attenant;

Papa aimait ce contact avec les gens de la campagne.
A certains carrefour,devant certaines fermes,il klaxonnait longuement,arrètai sa voiture,ouvrait le hayon arrière et attendait la venue des clients.
Personnes souvent ages,arrivant en trottinant,un panier au bras,porte monnaie en main et sourire aux lèvres.
Papa prenait le temps de discuter,on parlait du temps,des connaissances,des bètes.
Il rendait de menus services,apportant des médicaments,des commandes diverses.
Dans une des fermes,il faisait remplir deux grosses berthes de lait,achetait des fromages frais.
Il rentrait souvent avec des légumes donnés par un client.
Parfois,un paysan qui avait péché un étang lui offrait une carpe ou de belles tanches.
A l'automne,on tuait le cochon dans les fermes et on déposait entre ses mains ortions de boudins ou terrines fait maison.
Il s'asseyait au moins une fois lors de son périple à la longue table d'une ferme.
On lui payait le canon,pour la route,une piquette à cinq ou six degrés q vous égratignait la gorge en descendant.
Ces tournées étaient instants de partage.
Le soir,c'était repas au lait,une fois ar semaine.
On s'attablait devant un grand bol de lait frais et on petit déjeunait.
Croissants,tartines,brioches,pans au xhoolat,tartes,tous les invendus de la journée ou de la veille parfois finissaient sur la table avec les pots de confiture de ma grand mère.

Dans les dernières années,Papa était accompagné par mon grand oncle Maurice.
C'était le dernier frère de mon grand père paternel.
Il avaittravaillé dans une usine comme gardien à Lyon.Mais une nuit,pendant son sommeil,il a été victime avec a femme d'une intoxication au gaz carbonique,défaut de chauffage.
Son épouse est morte,il a survécu,mais avec des séquelles,paralysie d'une main.
Il toucait une bonne pension et proftait de la vie.
Sans enfant,la solitude sur ses vieux jours lui est devenue pesante.
Il a intégré la maison de retraite de Villars,et depuis cauqe jour il venait rendre visite à mon père au fournil.
C'est là que nous l'avons vraiment connu,car il n'a jamais été très proche de mon grand père.
Ce dernier le trouvait trop futile,pas assez sérieux.
C'était un bon vivant,rieur et de bonne compagne.
Quand il avait des envies culinaires,il partait faire ses achats et demandait à maman de faire la cuisine.
Il invitait mes parents à leur table autour d'une langue de boeuf,d'une choucroute,d'escargots,de grenouilles ou d'une poèlée de boudin fermier.
Tous les dimanche il jouait au tiercé,le 10,le 3 et le 6 avec Papa qui mettait quelques pièces pour lui faire plaisir.
Je ne me rappelle pas qu'ils aient gagné!
Maurice se plaisait beaucoup chez mes parents.
Il faut dire que maman accueillit à sa tble tout convive qu'on lui présentait
Enfant,adolescente,à maintes reprises je suis rentrée accompagnée d'amis ou de mon cousin Jean -Marc.
Un coup de fil pour prévenir leur prents et une personne de plus à table

Maurice marchait avec difficulté et utilisait une canne de bambou.
A l'époqu,j'avais une petite chienne,Prunelle.
J'avais choisi Prunelle,batard à poil long et beuge à la SP de Brignais.
C'était le seul chien qui se terrait dans un coin de sa cellule.
Un amour,tendre,mais très peureuse,séquelle d'avir été battue.
Quelques jours après son adoption,elle a été malade.
Diagnostic du véto,problème de foie,amsi il s'est également rendu compte que la colonne vertébrale avait ouffert de coups répétés.
Chaque fois que Prunelle voyait arriver mon grand oncle Maurice,elle courait se réfugier à la salle à manger,terrorrisée par la canne.
Le pauvre vieux tonton en était navré car il adorait les animaux.

Plusieurs fois,dés que j'ai eu le permis de conduire,j'ai effectué la tourné avec Maurice.Papa avait trop de travailet comme j'étais résente,il s'allègeait en m'envoyant faire les tournées.
Plus tard,le vieux tonton trop agé à du renoncer à m'accompagner,je l'ai fait seule,mais cela n'avait pas le même charme qu'avec lui ou Papa.

Mn grand oncle parlaitrarement de ses frères.
Il y avait  le plus jeune Claudius,il était facteur.
Une phto le montre das son uniforme à boutons de cuivre doré,debout à coté de sa bicyclette,pinces à vélo aux chevilles,casquette sur les yeux cerclés de lunettes et sacoche de cuir sur l'épaule.
Il vivait à Birieux,dans une seule pièce qui faisait office de cuisine,de chambre et même de poulailler car les volailles entraient et sortaient à leur guise.
Un grand jardin rempli de de légumes et de fleurs,des roses trémières en particulier,longeait la cour de terre battue.
Il était marié à Maria,une femme d'une réelle laideur,pas très intelligente et pas très soignée de sa personne.
Petite,ronde,légérement voutée et dans son visage ingrat sa bouche à la lèvre inférieure très charnue et un peu en biais attirait l'oeil.
Mais c'était une femme d'une extrème gentillesse,douce,sans problème.
J'étais assez jeune et je ne comprenais pas comment un homme avait pu choisir cette femme.
Ils n'ont pas eu d'enfant.
Tant qu'il était en activité,il s'arrètait quotidiennement à l'épicerie de ma grand mère,mais après sa retraite ses visites se sont espacées,Birieux était trop loin en vélo.
Il est mort peu de temps après et sa femme est restée seule.
Elle avait déménagé à Lapeyrouse dans une petite maison en bord de route,une seule pièce encore.
Papa lui rendait visite lors de ses tournées dans le coin.
Quand elle est partie rejoindre Claudius,j'ai accompagné maman pour mettre de l'ordre dans ses affaires.
Des nièces ou des cousines éloignées étaient venues se partager les maigres biens de la pauvre Maria.
Je me souviens que nous étions très mal à l'aise car elles se chamaillaient pour des tasses à café et des petites cueillères!

Birieux,Lapeyrouse,Saint Olive,Boulignieux,petits villages tranquilles à quelques kilomètres de Villars seulement,perdus entre étangs et prairies.
Mon père au volant d'une de ses Peugeot a parcouru toutes les petites routes au alentour.











 

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Commenter cet article

V�ro 09/06/2007 15:12

Coucou Marie-Laure,Les examens m'ont tenue éloignée des blogs depuis longtemps, mais je reviens et je lis tout mon retard. Je passe donc par le livre et les autres articles. A bientôt. Véro

:0038: @nne marie :0010: 03/04/2007 16:42

        
Il est surprenant comme certaines odeurs vous rappellent de suite quelque chose ! ! Bon mardi et surtout bisous de la mer rouge @nne marie

Mimisan 03/04/2007 08:07

Que de souvenirs... tendrement évoqués...

Mimisan 02/04/2007 03:03

Petit problème technique, c'est aprti avec la dernière phrase inachevée? ce n'est pas grave, l'essentiel est là.Je me souveiens qu'avant, je trouvais en France que la pâtisserie des petites villes de province était meilleure... parce que faite avec de bonnes matières premières, comme chez ton père.  C'étit avant...Bises