Mon père me tenait par la main Chapitre 11 suite

Publié le par Marie-Laure

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J'ai onze ans.
Nous sommes partis en vacances en Normandie chez ma tante Camille.
Nous avons fait une halte vers Nantes chez une soeur de maman,Paulette.
Son mari et elle tiennent une boucherie à Port Saint Père.Ils ne semblent pas s'entendre très bien!
Nous sommes arrivés dans l'après midi,le téléphone a sonné.
Mon grand père est parti,le père de Papa nous a quitté.
Infarctus!
Le lendemain nous avons repris la route en sens inverse.
Des gens qui rentrent et qui sortent.
Je me souviens de chuchotements,de conversations à voix basse.
Les escaliers de bois blanc qui mènent aux chambres et que ma grand mère brosse à l'eau de javel.
Aujourd'hui,je n'ai pas le droit de monter.
Mon pépé repose là haut.
Ma mémé tout de noir vétue.
J'ai l'autorisation de monter.
Une longue boite de bois blonc repose sur le couvre lit au crochet.

Quelques mois après,fin aout le 31;
Thomas est né,mon petit frère est arrivé.
Je lui ai acheté son premier ours en peluche.
Thomas!Je le baigne,le change,l'endors,le berce,l'adore.
Ma soeur l'a vu arrivé un peu comme un rival,pour moi,c'est un cadeau,un magnifique cadeau.
Une récompense.

Papa nous fait visiter la France lors de vacances.
Les chateaux de la Loire,une halte d'une journée pour chaque monument.
Cheverny,chenonceaux,Chambord,Blois.....
Le Mont Saint Michel,les plages du débarquement.
Nous refaisons en famille le périple de leur voyage de noce.
Les grands week end,Papa nous conduit en Suisse d'où nous revenons les gosiers et les poches remplis de chocolat.
On parcourt les eaux souterraines de Gouffre de Padirac,les mains sur le rebord de la barque,les yeux glissant sur les parois d'ocre jaune.
Paries de pèche avec mes oncles et tantes et leurs rejetons respectifs.
Izernor,torrents bondissants.
On termine la journée,assis sur les bancs de bois autour d'une soupe à l'oignon et des fromages blancs à la crème dans une petite auberge perchée en haut d'une colline qui surplombe la vallée.
Les grottes de la Balme,promenade à la queue leu leu dans les tranchées  que les premiers hommes ont sculptées par leurs passages répétés le long des stalactites et stalagmites.
On s'arrète boire un verre de Cerdon et gouter de tranches de saucissons et de pain avant de prendre le chemin du retour.
Pique nique sur les bords de la rivière d'Ain.On patauge dans les graviers,les pieds saisis par la fraicheur de l'eau née loin vers les sommets.

Un évènement,je monte à Paris!
Madame Bride s'y rend pour l'exposition de Toutankamon.
Je suis du voyage,une semaine à l'hotel,une semaine de découverte.
L'exposition bien sur,une révélation,mais trop de monde.
Montmartre,un peintre fait mon portrait.Je ne suis pas très satisfaite,mais tous disent que c'est assez ressemblant.Obligation de les croire,mais...Je ne me plais pas!
Les quais de la Seine et ses boutiques de livres et d'estampes.
Les immenses brasseries qui avalent à chaque repas des centaines d'affamés.
La tour Eiffel,le Musée de l'Homme,Notre Dame,le Trocadéro,les Invalides,le Musée Grévin....
Je sais que j'étais trop jeune pour digérer toutes ces images,mais les clichés sont gravés dans ma mémoire,plus ou moin nets.

Vacances à la neige avec mon oncle Dédé,ma tante et mon cousin Serge.
Ils ont loué un chalet en Suisse.Je les accompagne.
Nous avons assité à un épisode très cocasse.
Nous étions partis la journée et en fin d'après midi,nous rentrions à ski au chalet lorsque mon cousin a eu une envie pressante.
Il nous a dit qu'il partait devant.
La végétation l'a vite caché à nos yeux,mais nous trouvions trace de son passage.
D'abord les gants,puis quelques dizaines demètres plus loin,le bonnet et les lunettes,venaient ensuite à quelques distances le pull et les bretelles de son pantalon.
On ramassait les vètements au fur et à mesure de cet essaimage.Mon oncle,ma tante et moi prenions des paris pour savoir ce qui lui resterait sur le dos.
Il avait gardé le derrière au chaud jusqu'à son arrivée.

Je partais souvent au ski avec le sou des écoles.
Maman en était un membre actif.
Dans les villages,à cette époque,les commerçants étaient un peu considérés comme des nantis.
Le maire était souvent le médecin,un commerçant,un pharmacien.
La personnalité la plus connue remportait souvent l'écharpe tricolore.
A Curis au Mont d'Or,c'était l'épicier,monsieur Botton,sa boutique était juste en face de celle de mes parents.
Ayant guère de temps disponible,et ma mère estimant avoir un role à tenir dans la vie du village,nous étions,ma soeur et moi,dans l'obligation de s'acquitter à sa place de certaines responsabilités.
Faire représentation,bref des corvées!
Par exemple,assister à la messe le dimanche.
J'ai toujours eu un blocage avec tout ce qui touche la religion.
Mais role à tenir,on ne me demandait pas mon avis.
Cathéchisme,communion.....

Le curé était un petit homme rondouillard,crane dégarni et cheveux blancs.
Une dame s'occupait de son ménage,faisait office de bedeau,préparant l'église,recevant les paroissiens en son abscence.
Femme energique,elle avait un logement dans la cure,grosse maison où logeait également Monsieur le curé.
Les curissois soupçonnaientMonsieur le curé de tenir sa bonne en haute estime,un peu trop peut-être....
Certaines mauvaises langues lançaient des rumeurs.
Elles couraient les chemins,mais ne causaient pas de grands dégats.
Le scandale ou plutôt l'humiliation éclata suite à une farce des garçons qui suivaient les cours de cathéchisme.
Les cours avaient lieu à la cure bien sur,dans une grande salle jouxtant la chambre de Monsieur le curé.
Un des galopins,très et trop curieux,s'était introduit dans cette pièce intime,juste pour voir,lors d'un retard du curé.
C'était en été,les fenètres étaient grandes ouvertes.
Il avait fait une trouvaille qu'il jugea des plus interressante et en fit profiter tout le village.
Pour lui ce n'était qu'une blague.
Durant tout l'après midi,toute personne circulant dans la rue de l'église put admirer la très jolie chemise de nuit en dentelle de la bonne du curé,accrochée à un des bras de fer maintenant ouvert les volets de bois de la chambre de Monsieur le curé!.
Elle volait au vent tel un oriflamme!
La propriétaire du vétement s'en rendit compte,enleva l'objet du délit,mais la nouvelle avait largement eu le temps d'être commentée et les paroissiens d'échanger leurs premières impressions.
Le polisson ne fut même pas puni,puisque les interressés ne cherchèrent pas à connaitre qui avait osé une telle provocation.
Mais le pauvre curé,le pauvre homme,avait perdu une certaine crédibilité!

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Anonyme ! 05/11/2007 21:51

Bonsoir ML ! Mais comment communiquer ?

Louis CHATEL 25/02/2007 01:21

Petit soucis de mise en page ? (sous IE)
Bon Dimanche :0085:

christophespb 24/02/2007 15:18

Bonjour,
Mettre a plat ou "noir sur blanc", ses souvenirs est a mon avis necessaire au cours d une vie.
Je n en suis pas la encore, mais, je comprend le sens de ta demarche ayant eu la chance de lire les recits de ma mere, tres personnels.
Bon week end, Christophe.

:0038: @nne marie :0010: 24/02/2007 13:26

     Rècit toujours aussi émouvant ! !  Belle journée et mille bisous de la mer rouge      @nne marie

L.Myster 24/02/2007 03:55

Je crois qu'on n'est pas loin d'être voisins!... A bientôt, bises.