Mon père me tenait par la main Chapitre 9 suite

Publié le par Marie-Laure


(Pour aller au début du livre,revenez en arrière,à la première page de "Mon père me tenait par la main)

Je ne tiens plus,je téléphone à Serge.
Il est encore tôt aux Antilles.
Il me répond,je le sens en attente,il sait déjà mon inquiétude.
Hier soir je lui ai fait part de ma détresse.
Nécessité de se confier,besoin d'amour.
Envie de l'autre,de sa chaleur,de son odeur,de son souffle sur ma peau.
Frustration de l'éloignement,mais communion totale.
Tendresse et réconfort.
Réciprocité de l'envie,douleur du manque.
Les mots qui calment,baume de l'esprit.
Nos conversations sont un mélange hétéroclite de désir,de sexe,de crainte,d'espoir,d'attente.
Les larmes coulent,je me lache,un peu,juste un peu pour ne pas l'inquiéter.
Je me retiens par peur de ne plus pouvoir m'arréter.
Ce sont les rares instants où je me détends  presque,je décompresse,un peu!

Je raccroche.
Lassitude!
Le téléphone sonne déjà.
C'est Bénédicte.
Sa voix tremble,et moi qui n'ai que de la tristesse à donner.
Elle m'interroge,rien de rassurant,le dignostic est réservé.
Oui,j'ai eu le chirurgien,non il ne trouve pas qu'il soit judicieux de rapatrier son grand père sur Lyon.
Bien sur,il comprend notre inquiétude,mais il nous a affirmé que ce transfert pourrait surtout être très préjudiciable.
Il faut attendre,attendre encore!
Pas de solution en vue.
La pauvre chérie,les sanglots font monter sa voix dans les aigüs.
J'essaie de lui insuffler un peu d'espoir,mais je sais pertinamment qu'on ne peut la duper.
Elle connait parfaitement le charabia médical et elle s'est renseigné dans les services de l'hopital où elle travaille actuellement en stage.
Que dire,que faire,toujours cette impuissance!
Je termine cette pénible conversation en l'assurant que je la rappelle ce soir,après la visite de cet après midi.
Rien qu'en y pensant,je me sens la chair de poule,cet après midi,entretien avec le chef de service.
Nous aurons enfin les points sur les i.
Nous saurons ce qui ce passe vraiment,car j'ai l'intention de poser toutes les questions qui me trottent dans la tète depuis trois jours.
Savoir si l'on peut espérer encore!
Où est l'issue?
Où est la solution?
Cette angoisse nous mine.

Je prépar un bol de thé.
Maman et moi n'avons rien avalé de consistant depuis hier .
Consistant,un bien grand mot,rien ne passe,manque d'envie,manque de goùt,c'est tellement dérisoire.

Quinze heure,retour dans les services paisibles de l'hopital.
Aucun changement,Papa semble dormir,mais ses efforts pour respirer sont visibles.
On dirait que ses poumons se remplissent pour la dernière fois tellement il force l'inspiration.
Maman s'assoie,résignée,assomée!
Je ressors,direction le bureau des infirmières.
La chef m'accueille,sourire tendu.
Mon dieu,comme elle parait embarrassée!
Elle me demande de patienter quelques minutes,elle va chercher le chez de service et l'anesthésiste.
Je me retrouve seule dans ce bureau blanc presque entièrement occupé par les étagères et les deux tables envahies de dossiers.
Attendre,un peu plus,un peu moins.
L'anesthésiste,pourquoi?
Je me souviens avoir demandé à l'infirmière ce matinn si on pouvait soulager Papa,l'aider à respirer plus confortablement.
Elle n'avait su ou voulu mpe répondre.
L'anesthésiste a peut-être la soultion.Comment?
Fatalisme!
Je me poste à l'entrée dans le couloir,la salle des infirmières est vide. 

Ma soeur et Fred parraissent dans le couloir.
Je me rends compte que Véro est tendue comme la corde d'un arc .
Fred l'entoure d'un de ses bras.
Heureusement elle peut se raccrocher à lui.
Elle est pâle,très pâle.
Grands yeux bleus emplis d'interrogation.
Des cernes bleuissent le haut de ses joues.
J'ai soudain peur qu'elle s'effondre,je la sens si découragée.
Je n'ai pas reparlé de notre conversation téléphonique,elle non plus!
Que dire,que je n'ai pas compris?
J'ai réfléchi depuis.Elle aussi certainement.
Ses paroles ont dépassé sa pensée,je pense,je ne vois pas d'autre explication.
Elle s'est mal exprimée et j'étais tellement perturbée que je n'ai pas demandé de précision à ce moment là.
De toute façon,maman veut attendre le retour de Papa.
Après on verra,fin de la discussion!

Je leur explique que l'on m'a demandé d'attendre,l'anesthésiste entre autre,désire nous rencontrer.
Pourquoi?Je ne sais pas!
L'infirmière revient et nous fait entrer dans ce bureau qui sert également de réserve à médicaments.
Elle repart,nous laissant tous les trois!
Echange de regards interrogatifs,difficultés à respirer!
Deux toubibs,blouses blanches,franchissent le seuil.
Présentation.
Question,où est Madame Curvat?
Veuillez aller la chercher,elle doit être présente.
Je propose de la laisser auprès de mon père,de la ménager.
Désolé,mais elle doit être pérsente.
Voix calme,posée,gentille mais ferme.
Regards vers Véro,angoisse palpable de part et d'autre.
Merde,cette fois,je plonge dans l'eau glacée,je sens la pression monter d'un cran,comme si on pouvait en supporter davantage.
Douleur subite,brulante,arme à feu ou arme blanche.
Je ressens une telle décharge émotionnelle.
Je suis certaine qu'elle est aussi violent qu'une telle blessure.
Je suis de retour avec maman.Elle a un peu rechigné à me suivre.
Crainte d'affronter le danger,la réalité?
On a aussitôt intégré que l'instant était intense.
Dans mon cerveau le panneau Danger s'est allumé,je suis en état d'alerte.
Nous sommes tous les quatre en suspension,nos regards ont convergé vers ces visages inconnus.

 

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:0010: @nne marie :0059: 31/01/2007 15:23

Coucou me revoilou ! ! Journée fantastique au Caire: je ferai bientôt un article ! ! J'ai, aussi , vécu cette douloureuse situation avec pap et je sais qu'elle est a jamais gravée dans ma mémoire. Courage ma puce et mille bisous .      @nne marie  

Mimisan 31/01/2007 03:32

Bonjour Marie-Laure.Je te signale que la plupart du temps, je ne reçois pas la newsletter qui annonce la publication d'un article à ceux qui sont inscrits.Je suppose que tu programmes tes articles pour une diffusion différée, et dans ce cas il n'y a pas envoi de news letter, il faut le faire manuellement une fois l'article véritablement publié (la petite enveloppe à côté du titre dans la liste des articles de l'administration, cliquer dessus)Bises

sofia 30/01/2007 14:23

je viens de remonter au debut de votre blog
et pardonnez-mloi, je m'aperçois que c'est bien l'histoire de votre père , que c'est un livre que vous avez écrit après son départ.
C est bien que vous ayez pu ecrire pour lui, pour vous. Ce doit être important ( et même thérapeutique) et cela doit aider pour ce passage si difficile qui est la disparition de son père.
Quelle chance avez-vous d'habiter en Polynésie.... cela fait rêver, on dirait une image d'un paradis....
 

Sofia 30/01/2007 14:16

en vous lisant jusqu'au bout de la page, je cherchais la suite...
mais j ai relu le debut, et j ai compris que c etait une histoire que vous racontiez
je suppose que vous ecrirez la suite bientot, je reviendrai donc
je m inscris a votre news letter, je vais regarder is vous en avez une...
cordialement