Mon père me tennait par la main chapitre 6 suite

Publié le par Marie-Laure

Un voisin de Camille leur a donné un énorme homard.
Comment le cuire?
Bètement,on ose se renseigner,avouer son ignorance!
Cela ne semble pas très compliqué!
La première difficulté,trouver une casserole à sa taille a été réglée.
La bestiole repose sagement dans la marmite parmi la julienne de carottes,oignons et herbes aromatiques.
Le feu lèche la gamelle.
Mais soudain,la tempèrature devient trop élevée pour la pauvre bète qui commence à réagir.
Premier coup de queue,le couvercle tressaute.
Elle s'enerve,le couvercle vole sur le sol de la cuisine.
Grandes éclaboussures,Francine,Camille et Louis commencent à sinterroger.
L'eau bouillonne,la bestiole résiste,il faut maintenir le couvercle sur la casserole.
L'agonie de ce malheureux crustacé a duré quelques minutes.
Les cuisiniers,navrés,ont compris qu'il valait mieux plonger la bestiole dans l'eau bouillante!
Expérience nouvelle,les homards ne sont pas légion dans les Dombes.

Le matin,le ciel est couvert,mais le plus souvent il enlève ses voiles avant midi et les après-midi sont radieuses.
On profite du soleil,en maillot de bain,allongé sur une serviette,on prend des airs de star.
On s'amuse d'un rien,le bonheur est ainsi!
Lorsque la mer est haute,on s'éclabousse dans les vagues ourlées d'écume.
Mais jamais très loin,Louis a la phobie de l'eau.
Depuis le décès de son frère,il ne s'est jamais rebaigné et supporte avec difficulté qu'un de ses proches se livre à ce loisir.
Angoisse!
Il reste à distance de cet élément,de l'eau jusqu'aux chevilles ou mi mollet est le plus qu'il puisse tolérer.

En rentrant de la plage,on traverse les landes côtières,les prés salés où paissent des moutons par centaines.
La viande de ces animaux est réputée et à la foire de Lessay début septembre,les gens se pressent pour la déguster sous de grandes tentes où s'allongent de longues tables bordées de bancs.
Tout le monde se cotoie,mange ensemble,coude à coude sur les plateaux de bois.
Les quartiers de viande,les gigots,cuisent sur d'énormes grills près des tentes,l'air embaume.
L es brocs de cidre circulent,les bolées se remplissent,les coudes se lèvent,l'ambiance est bon enfant,festive.
La foule chamarrée déambule entre les stands,la foire de Lessay est en fait un regroupement de plusieurs foires.
Marché aux bestiaux,les paysans exposent leurs animaux enrubannés,bichonnés,boeufs,veaux encore au pis de leurs mères,moutons et agneaux bouclés,chevaux frémisants,l'oeil nerveux.
Toutes les volailles de la basse cour sont représentées,les lapins,les animaux de compagnie,les chiots et les chatons se pressent dans les cages en osier,tendant leurs truffes vers les mains caressantes des enfants.
Les étals de tissus,de vètements,d'objets pour la maison,tout un débalage de quincaillerie et d'outillage.
Mais pour les enfants,les jeunes gens,l'attraction suprème,c'est la vogue,la fète foraine,les manèges,les auto tamponnanates,les stands de tir,les lotteries,les marchands de barbes à papa et autres pommes d'amour,gauffres,crèpes,glaces et bonbons multicolores.
Le plus intrigant,la note de mystère provient cependant des baraques où sont exibés les "curiosités" de la nature,femme à barbe,géant et lilliputien,lutteur et contortionniste.
On entre plein d'illusion,mais ressort le plus souvent frustré et parfois culpabilisé d'avoir payé pour dévisager un être difforme et triste.
Louis et Francine se sont promis de revenir un jour en septembre pour découvrir la ville de Lessay en effervescence.

Au vlalnt de la Peugeot,les deux jeunes gens ont sillonné tous les chemins des environs.
De Saint Vaast La Hougue pour assister à l'arrivée des pêcheurs,à Granville pour voir le Musée de la marine,l'aquarium,Cherbourg et ses navires énormes entourés de grues aux bras d'acier,Caen,Saint Lo,Villedieu les Poêles,Carentan,Periers,sans compter les maints petits villages découverts au détour des chemins.
Ils ont même poussé une de leurs virées jusqu'au Mont Saint Michel.
Lieu unique,son accès reste soumis au caprice de la marée,elle accorde ou non la permission d'arpenter la mince route bitumée qui se dirige vers le rocher.
Marche,bras dessus bras dessous,sur les pavés brillants d'usure de l'unique ruelle qui monte vers la Basilique.
Ils en ont pris plein les yeux,vitrines de souvenirs qui s'allignent serrées à déborder l'une sur l'autre de chaque coté.
Le restaurant"La mère Poulard" qui confectionne une omelette extraordinaire.
Les gens font la queue devant la devanture pour espérer s'installer à l'une des petits tables et savourer le délice suprème.
Trois marmitons en costume régionnal fouettent les oeufs mousseux dans une bassine de cuivre.
On se surprend à suivre les mouvements des bras qui dansent au son de la musique distillé par un vieux gramophone.
La rue exale un parfum de beurre et donne l'eau à la bouche aux passants.
On déambule sur les remparts,on se penche pour estimer leurs hauteurs,admirer l'ouvrage,s'extasier sur la prouesse des batisseurs.
L'esprit vagabonde.
On s'imagine,bloqué sur le rocher un jour de grande tempète,les vagues blanches de rage fouettant,mordant les hauts murs.
On s'inquiète parfois,la marée ne va -t-elle pas arriver plus tôt que prévu,peut-on être isoler?
On glisse une pièce dans l'appareil mis à disposition pour balayer le paysage,guetter une voile au loin,épier les pêcheurs à pied qui armé d'un baton fouillent le sable pour débusquer un coquillage,une gourmandise.
Les moineaux effrontés sautillent sur les larges pierres taillées,cherchant quelques miettes de crèpe à grapiller.
Quiconque monte au Mont Saint Michel ne peut résister à la tentation d'acheter une crèpe et boire un bol de cidre,on entre en communion en quelque sorte.
On arrive au sommet,sous la statue dorée de l'archange qui protège l'église sanctifiée.
L'intérieur de la Basilique est baignée d'ombre et de lueur,les lampes electriques façonnent quelques oasis de lumière.
Les ombres projetées deviennent fantomatiques quand l'obscurité s'épaissit.
Les pas sont étouffés,les voix deviennent chuchottements,l'odeur et la fumée des bougies,l'encens alourdissent l'atmosphère.
Une porte se refermant fait tressaillir les visiteurs,c'est une ambiance de mystère et de recueillement.

On apprécie le retour à l'ait libre et chaque poumon se gorge des odeurs maritimes.
En descendant la ruelle,on visite le musée,des mannequins de cire reconstituent les scènes historiques,les cages où Louis XI faisait enfermer certains détenus,les tentatives d'évasion,les souverains qui ont effectués le pélerinage au Mont,les oubliettes,tout un mode inconnu défile sous le regard incrédule des visiteurs.
Le guide pimente la promenade par des anecdotes amusantes émaillées de détails qui vous font dresser les cheveux sur la tète.
Tout est bon pour tenir son public en haleine.
C'est un site à nul autre pareil et qui laisse une empreinte.
Dans un coin de la mémoire,il incrsute sa marque.

Les vacances ont duré cinq semaines,trente cinq jours de balade en moto,en vélo.
Quelques escapades en voiture,une Versailles,conduite par un couple d'amis de Camille dans laquelle on s'entassait à sept ou huit.
C'était alors journée de rire et d'insouciance.
Le séjour se termine,le jeune couple fait ses adieux.
Camille se sent soudain un peu abandonnée,en manque de famille.
Quelques larmes aux coins des yeux,quelques baisers sonores sur les joues,des au revoir de la main.

La dernière semaine de vacances se passent à Paris.
Camille a demandé à sa marraine de les héberger et de leur servir de guide.
Chaque matin,départ pour une visite de la capitale.
Tout y passe,les Champs Elyssées,la Tour Eiffel,le musée Grévin,Montmartre,même Saint Germain des Prés et ses caves étonnantes pour des provinciaux.
Le seul regret sera de n'avoir eu le temps de rentrer dans le Musée du Louvre.

Les visages des gens cotoyés,les visions des paysages admirés,les saveurs nouvelles rencontrées,ont pris place dans l'album de photos que leur cerveau a éllaboré tout au long des jours vécus.
Il suffira à Francine et Louis d'ouvrir le bon tiroir de leur mémoire pour pouvoir feuilleter les pages du livre de leur voyage et retrouver odeurs et couleurs.

 

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:0014: @nne marie :0059::0050: 05/01/2007 12:45

       Belle journée et plein de bises de la mer rouge   @nne marie