BIENVENUE

  • : SerLaure fenua
  • serlaurefenua
  • : voyages
  • : Je me suis installée en Polynésie l'année du décès de mon père.J'ai écrit un livre pour lui,pour moi. Visite des iles,paysages,ambiance... Peut-être aimerez vous me suivre
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 28/10/2006

Commentaires

aperçus

Recherche

(pour lire le début du livre,cliquez sur la catégorie"Mon père me tenait par la main et revenir au chapitre 1)


Je suis triste.
Triste à cause de mon oncle Dédé.
J'aimerais tant le retrouver comme autrefois quand j'étais enfant.
Retrouver un peu d'insouciance d'alors.
Il était instituteur.
Je me souviens dun appartement à Macon dans un petit immeuble,à coté d'une école avec un immense parc.
Dans ce parc,une galère,grande balançoire formée d'une poutre de cinqou six mètres de longueur au bout de bras de fer et sur laquelle on peut s'asseoir,aligné à la queue leu leu à plus d'une dizaine.
L'été on pique niquait dans ce parc.
Couvertures à carreaux posées sur le tapis d'aiguilles des séquoias sous l'ombre des grands arbres centenaires.
On se balançait.
Cousins,cousines,frères et soeurs.
Parties de badmington.
J'adorais jouer avec ma tante Andrée.

On prtait das la campagne du Beaujolais,les grandes personnes testaient les derniers crus,les comparaient aux anciens.
Les gosses sirotaient des limonades en passant entre les futs,respirant la fraicheur parfumée des caves.
L'ambiance était festive,détendue.
Le nectar rouge rubis y était certainement pour beaucoup.
Toute la famille s'asseyait autour des tables sur les terrasses bordées de rosiers en fleurs.
On dégustat du saucisson avec du pain à la mie brunâtre,des fromages de chèvres à la crème et aux fines herbes,des tartes aux pralines.
Pour éponger lançait un convive,un "dégustateur".
Certains soirs,après la ballade dans les vignobles,les étapes dans les caveaux ,on dormait sur place à l'appartement.
Les conducteurs étaient fatigués.
Les voitures ne pouvaient rentrer toutes seules.
L'appartement avait deux chambres,un séjour salon.
Une nuit,on a dormi à plus de quinze je crois.
Ce fut une grande partie de rigolade car certains avaient les pieds des autres sous le nez.
Enfant,je raffolais de ces imprévus,et dieu sait qu'avec mes parents il y en a eu des imprévus,cocasses,amusants.
J'étais curieuse de tout.
Mon oncle avait des livres,beaucoup de livres et des réponses à mes questions.

Journée de pèche.
Point de ralliement,l'épicerie de mes grands parents.
On couchait tous sur place.
La veille,mon père avait été à la recherche de vers de terre.
Au fond du jardin,il existait la cabane au fond du jardin!
Les toilettes nature!
A coté,une haie de framboisiers.
Le tas de compost où s'entassaient tous les déchets du jardin et de la cuisine.
On soulevait la couche de végétaux en décomposition et avec la bèche mon père où mon grand père creusait une tranchée.
Des lombrics apparaissaient entre les motts de terre,aussitôt saisis et balancés dans une boite de conserve.
En peu de temps nous avions suffisamment de bestioles pour alimenter toutes les cannes des pècheurs.
Nous partions tôt le matin,avant le lever du jour.
Dans le coffre du break s'entassaient le matériel,les glacières
,les paniers du pique nique,les couvertures,les jeux,les vètements de rechange.
Nous partions à deux ou trois voitures,des fois davantage.
Mon oncle Dédé et ma tante Andrée,mon cousin Serge,Jojo et Arlette et leur fille Sophie conscrite de mon petit frère,mes parents,Véro,et Tom,parfois René et Marie-Jo et leurs enfants,sans compter de amis et leur progéniture et souvent mon cousin Jean-Marc.
La destination variait,mais nous allions souvent à Izernor.
Descente à pied par un sentier bordé de noisetiers et de fougères.
Torrent bondissant près d'une petite retenue d'eau.
Tourbllons entre les arbres plongeant leurs racines dans les eaux bouillonnantes.
Rives ombragées et recouvertes de moquettes d'herbe moelleuse.
Tout le monde pèchait,les grands comme les petits.
Plaisir d'être ensemble.

Mon oncle est parti à la Guadeloupe au début des années 70.
Lors de notre séjour avec ma grand mère il était le même.
Divorce.
Il a changé peu à peu après sa mutation en Guyane.
Eloignement.
Responsabilité accrue,microcosme de fonctionnaires.
Eloignement de la famille,il a pris l'habitude de vivre sans elle.

La vie a continué.
Malgé leur travail très prenant,mes parents ont toujours privilégié les sorties en famille,entre amis.
Je me souviens de soirées mémorables.
A partir de quatorze,quinze ans j'accompagnais mes parents.
Une fois,toute la bande d'amis avait organisé un bal masqué.
La soirée se déroulait chez un couple près de Villefranche sur saône.
Le garage était aménagé pour permettre les soirées,même en hiver.
Maman était déguisée en nounou noire,perruque crépue,robe de madras et teint au brou de noix.
Plusieurs couches successives avaient été nécessaire pour donner à sa peau l'aspect brun cuivré des Antilles.
Arlette état en Mary Poppins et moi même faisait un charlot très acceptable grâce au costume de mariage de mon oncle Jojo.
Les deux plus réussis étaient mon père et Jojo.
Ils portaient un déguisement de moine,avec sandales et robe de bure,ceinture torsadée,crucifix et tonsure.
Pour parfaire le tableau,ils avaient décidé de se rougir le nez et les paumettes et de se doter d'un ventre rebondi à l'aide d'un oreiller tenu par des sangles autour de la taille.
Jojo portait déjà le sien et avec son maquillage il avait vraiment plus l'allure d'un adepte de Bacchus que d'un serviteur zélé de dieu.
Mon père conduisant,il n'avait pu fixer son ventre car l'espace entre le siege et le volant ne permettait pas ce genre d'accoutrement.
Quelques centaines de mètres avant la villa où nous étions attendus,Papa s'est garé sur le bord de la route.
Nos avons souvent éclaté de rire en repensant à la tète des automobilistes nous croisant.
Ue dodue doudou aidé d'un énorme abbé rubicond aidantun autre moine à la trogne réjouie,aube relevée,à maintenir son bedon en position.
Ma tante et moi étions secouées d'un fou rire dans la voiture,ce qui n'aidait guère à la concentration des trois autres compères.
Le duo des deux moines a été le souvenir de cette soirée.

Peu à peu le cercle d'amis s'est dissoud.
La maladie,la disparition d certains,l'éloignement d'autres.
Le coeur n'y était plus.
On se voyait encore,mais plus de manière aussi festive.
Quand certaines personnes s'en vont,un vie s'installe difficile à combler.

Depuis un quinzaine d'années,Serge,les enfants et moi vivons loin de la famille.
Nous revenons chaque année pour quelques mois.

Le bord de la Méditerranée avec la Corse et le midi,Carry le Rouet.
Les Antilelles,la Guadeloupe et enfin la Polynesie,Moorea Boa et Tahiti.
Geoffroy a choisi de rester en métropole à notre départ aux Antilles et Garry avant que nous partions pour le Pacifique.
Tahiti,les îles du vent,les îles sous le vent,les archipels semés du nord à l'est,de l'est au sud comme par la main magique d'un marchant de sable facétieux.
Iles lumineuses,jardins celestes,beauté radieuse.
Douceur et gentillesse des habitants.
Quand on vient de la Guadeloupe,le changement est saisissant.
Sécurité,langueur paisible.
Lapremière année a été découverte,farniente,imprégnation de senteur et de saveur.
Mais pour nous le cout affectif est très lourd parfois
12 heures de déclage horaire,difficulté de dialogue avec la métropole.
24 heures de voyage,cherté des billets qui limite les allers et retours.
On ressent une déchirure,une faille depuis que nous vivons sur les iles du bout du monde.
C'est la première fois que nous avons cette sensation.
Le f qui nous relie aux persnnes que nous avons laissé en France semble s'étioler.
C'est surtout l'absence des deux garçons qui est difficile à gérer.
Angisse,peur de ne pas savoir.
Mais c'est plus fort que tout.
Nous avons besoin de vivre dans cette région du monde.
Nous sommes partis pour le Pacifique après le départ de Papa.
Cela était prévu depuis longtemps.
Garry est resté chez mes parents pour poursuivre ses études.

Mes parents n'avaient pas pu venir en Guadeloupe.
Papa avait subi une grave intervention,pose d'artères suite à des anévrismes,longue convalescence,suivi médical impératif.
Maman a également fait un séjour à la clinique,cmplication,allergie à l'iode.
Nous espérions qu'ils pourraient faire le voyage vers la Polynesie,mais la vie en a décidé autrement.






ajouter un commentaire publié dans : Mon père me tenait par la main
Mercredi 25 avril 2007
commentaires (1)   


(Pour lire le début du livre,cliquez sur la catégorie"Mon père me tenait par la main" et revenez au chapitre 1)

Audrey a rejoint son père.
C'est une jolie jeune fille,très brune,cheveux mi longs en boucles souples.
A près avoir vécu toute son enfance en Guyane,elle est venue terminer ses études en France à Toulouse.
Son ami d'e'nfance l'avait suivi également.
Un grand jeune homme a la peau couleur de cannelle.
Là,mon oncle bondirait.
J'ai donné un détail en mentionnant la couleur de peau.
Problème.

Je me rappelle un conversation.
Papa,maman,Dédé,Serge et moi.
Je parlais d'un voyage que j'avais effectué avec ma grand mère en Guadeloupe au début des années 70,c'était juste après le BEPC.
D'un pécheur de langouste en particulier.
Mon oncle ne voyait pas de quelle personne il s'agissait.
Un pecheur de langouste et de poissons qu ma tante rencontrait régulièrement pour s'approvisonner.
Pour l'orienter,je lui ai donné des détails.
Le pècheur en question nous avait embarqué avec ma grand mère,ma tante et mon cousin  sur sa barque pour nous faire visiter l'îlet Pigeon,y pique niquer et ramasser des lambis.
A cette époque,il suffisait de plonger à deux ou trois mètres pour les cueillir à profusion sur le sol sableux.
Nous avions  pu suivre la nageondulante d'un serpent de me,rayé tel un bagnard.
Nous avions déjeuner dur la plage,détaché de noix de coco pour se désaltérer.
Mon oncle ne trouvait toujours pas de qui je parlais.
J'ai finalement précisé en disant:"Mais enfin un grand,noir,très costaud et..."Je n'ai pu terminer,mon oncle s'est levé en colère.
"Vous les Curvt,tout de suite les différences"
Je suis restée bouche bée quelques secondes,nous nous sommes regardés,Papa,Serge et moi.
Il semblait réllement faché.
"Mais c'est pour te donner une indication,pourquoi vois tu du ml à ça?
On dit bien untel a les cheveux blonds ou les yeux bleus,pourquoi ne dirait on pas il a la peau blanche ou noire,où est le problème?"
Mais voilà,pour mon oncle il y a aussitot une conotation raciste dés que l'on parle couleur de peau.
Stupide!
Personnellement,ça ne vient même pas à l'idée de supposer faire une différence.
La couleur de peau,la religion,l'origine géograhique ou culturelle,aucune importance.
Je suis parfois méfiante face à l'étranger,l'inconnu,mais toujours curieuse.
L'important,c'est l'individu,sa pensée,son âme.
Depuis qu'Audrey vit avec son ami guyanais,il parait encore plus suceptible sur ce sujet de couleur de peau.
Peut-être que cela va s'atténuer puisqu'ils viennent de se séparer.
Mais Audrey parait un peu fatiguée,déstabilisée.

Nous nous rendons à la cure.
Bosquets d'hortensias contre le mur.
Les fleurs feront de beaux bouquets bleus.
Entretien avec Monsieur le curé.
Petite cloche de cuivre à l'entrée.
Nous entrons après l'avoir fait résonner.
Large hall,des tableaux d'affichage sur les murs.
Le curénous accueille.
Costume noir,liseré blanc au col,petite croix d'argent sur le revers du veston.
Voix douce,sirupeuse.
Je n'aime pas la voix des serviteurs de dieu,toujours les mêmes mots,les mêmes intonations.
Un vocabulaire sécial,un code.
Cela memet mal à l'aise.
Poigne de main vigoureuse.
C'est mieux.

Nous pénétrons dans une vaste pièce.
Je la trouve vieillotte, impersonnelle,manque de chaleur et de couleur.
Mnque d'intimité.
De grandes fenètres coté rue,sur la nationnale,mais qui ne donnent  pas suffisamment de luminosité.
En face,placards muraux dont les portes montent jusqu'au plafond.
Peinture beige un peu cra cra.
Plusieurs tables mis bout à bout recouvertes de toile cirée,j'ai horreur des toiles cirées,et entourées de chaises de bois occupent toute la longueur de la salle.
Des revues la parsèment dans un coin.
Des affiches sur les murs là encore.
Différents spectacles dans les églises des environs.
Le curé s'assoit d'un coté,dans la longueur,dos aux placards.
Nous sommes en face,mon oncle entre Audrey et moi.
Le prètre demande pourquoi maman est absente.
Il désire que nous lui parlions de Papa,expliquant ne pas très bien le connaitre.
Il l'a rencontré en ville de temps en temps,bonjour,comment allez vous,au revoir,rien de plus.
Tout d'abord le choix de la cérémonie,une messe,une simple bénédiction?

Maman veut une messe.
D'ailleurs maman et moi avions croisé le prètre sur le parking de la mairie.
C'était hier je crois,je n'ai plus tellement la notion du temps.
En sortant de la poste.
Le curé avait longuement serré les mains de maman dans les siennes.
Maman pleurait doucement.
Il avait des yeux teintés de tristesse.
Cela m'avait marqué,il paraissait vraiment sincère!
Il avait assuré maman de sa disponibilité.
Si elle avait besoin,envie de parler,d'être écoutée.
Il était là,elle n'avait qu'à pousser sa porte.
Maman avait balbutié de remerciements.
Elle voulait qu'il dise une messe pour Papa,mais qu'il n'oublie pas d'associer ses parents et son frère Henri.
Maman veut que sa famille déjà partie avant lui soit présente auprès de Papa,elle insistait.
Le curé a sorti son calepin pournoter les noms et les prénoms des personnes qu'elle désirait voir citer.
J'avais été surprise par le comportement de ma mère.
Subitement elle décidait,voulait,insistait même.

Mn oncle Dédé pend la parole.
Tout d'abord il se présente,puis Audrey.
Bien montrer que sa fille est là présente.
Il explique qu'elle  fait le déplacement depuis Toulouse pour accompagner son oncle Louis.
Souligner qu'elle est présente.
Je comprends l'alusion,car il n'a pas trouvé à son goùt que je demande à Geoffroy de s'abstenir de monter.
Message reçu cinq sur cinq.
Mais je m'en fiche,cela ne le regarde pas.
Punaise,ça commence bien!

Le curé reprend la parole,sort un carnet et un stylo d'une de ses poches.
Il veut des détails sur mon père.
La date de naissance,le nom de ses frères et soeurs,ses parents,leurs décès,leurs métiers.
Dédé répond,mais au bout de quelques minutes,la conversation dévie.
Il explique qu'il habite en Guyane,qu'il vient d'arriver en urgence.
Là bas il a des responsabilités,il a l'habitude de faire des discours,de se comporter en société.
C'et pas vrai!
Je suis de plus en plus mal à l'aise.
Qu'est ce qu'il nous raconte?
Où est le rapport?
Le curé le regarde d'un air surpris et étonné.
Sourcil gauche en accent circonflexe.
Il ne semble pas comprendre lui non plus où mon oncle veut en venir.
Son stylo en suspension au dessus de sa page de carnet.
Il remue sur sa chaise,se passe les doigts dans ses cheveux coupés très courts.
Audrey,les bras croisés sur la table semble regarder dans le vide.
Je sens une bouffée de chaleur m'envahir.
Le curé a du sentir mon malaise car il m'adresse un regard.
Interrogation!

Je coupe la parole à mon oncle.
"Et si on revenait à ce qui nous préoccupe!
Je me rapproche de la table en disant cela.
Ma chaise grince sur le carrelage.
Le prètre reprend.
Je sens comme un soulagement dans le ton de sa voix.
Il aimerait connaitre le parcours de Papa,son travail,sa vie de tous les jours,ses loisirs,ses aspirations.
Comment en parler?
Résumer une vie en quelques mots sans y être préparer?
A vif!

Nous avons du rester une petite heure.
Une petite heure pour retracer la vie de Papa,son parcours de sa naissance à son départ!
Même pas soixante minutes pour relater soixante et onze années!













ajouter un commentaire publié dans : Mon père me tenait par la main
Lundi 23 avril 2007
commentaires (1)   

(pour lire l début du livre,cliquez sur la catégorie"Mon père me tenait par la main" et revenir au chapitre 1)

Je m'accroche à l'idée que je pourrai de nouveau progresser quand la tension sera retombée.
J'en doute.
Pourquoi?
Papa est parti.
C'est une vérité,attestation écrite à l'appui!
Mais la maison est rempli ede lui.
Empreinte.
Odeur à l'ouverture d'une armoire.
Son pardessus en poil de chameau sur le cintre dans la penderie du hall.
Vision.
Je vois Papa s'asseoir dans son coin de canapé.
A gauche.
Il pose son bras sur l'accoudoir,tend la main droite pour saisir la télécommande de la télé.
Il n'est pas là,mais en s'asseyant dans ce même canapé,je le devine.
Odeur de sa cigarette dans le coussin au canevas.
Il met ses lunettes,une des branches est cassée et tient avec du scotch.
Il remet toujours à plus tard la réparation,cela fait des mois !
Il jette un oeil sur le programme,repose la revue sur la table basse en face de lui.
Le programme a quinze jours,les pages sont cornées.
Vision.
Le matin,Papa qui se lève,il traine ses pantoufles sur les carreaux de marbre du hall et les tomettes beige de la cuisine.
Odeur de dormi,cheveux en bataille,yeux encore un peu gonflés de sommeil.
Grand soupir,comme un baillement.
Etirement des bras au dessus de la tète.
Bisous sur la bouche de maman.
Odeur de café dans le bol,tartine prète à coté et le petit verre qui contient les médicaments.
Pantoufles sur le parquet de la chambre près de la porte.
Vision.
Pull bleu,pantalon gris,chaussures de cuir marron.
Papa dan le jardin,penché sur le coin d'un massif.
Au pied du rosier en ombrelle devant la terrasse et la porte fenètre du salon.
Au pied du rosier,dans la terre grasse,empreinte de la chaussure marron,sur une épine,petit brin de laine bleue qui frissonne au vent.
Mal à l'âme,mal au coeur.

Mon oncle et Audrey arrivant,,maman a décidé de faire quelques courses.
Direction Super U.
Je la sens fébrile,anxieuse.
Peur de la rencontre,elle regarde par en dessous.
Elle se colle à moi.
Rempart contre le monde extérieur.
Mais on ressort soulagées,autant elle que moi.
Il y avait peu de monde à cette heure de la journée et les trois caissières présentes n'ont offert que leur sourire un peu crispé.
Elles savent,cela se voit dans leurs yeux interrogatifs.
Pudeur,crainte de blesser.
Je les remercie en secret de leur discrétion.

Le facteur est passé pendant notre absence.
Pile de courrier.
La nouvelle de la disparition de Papa s'est propagée.
Les premières pensées affectueuses et essais de consolation gonflent la sacoche de la préposée.
J'ai l'impression que lire tous ces petits mots,ces petites phrases griffonnées,dessins changeants selon les mains qui les ont érites,font énormément de bien à maman.
Que d'émotion dans l'écriture!
La sincérité est souvent au rendez vous.
Empreinte personnelle.
Parcelle de soi.
Minuscules bouffées d'oxygène
Chaleur de l'amitié.
Douceur des mots.
Ces preuves d'amour sur papier vont s'accentuer au fil des jours.
Puis s'atténuer bien sur.
Mais pendant cette période,je sais que maman va se laisser porter par cette vague qui va enfler avant de retomber.
Peut-être aura t elle emmagasiné un peu d'énergie transmise dans ces missives?

Coup de téléphone.
Demain nous devons renconter le curé.
Il ne connait pas très bien mon père.
Mes parents sont croyants mais pas pratiquant.
Le curé est nouveau,s'occupe de plusieurs communes et n'est pas originaire de la région.
Je ne le connais pas

Le seul curé que j'ai cotoyé,c'est le père Thevenard.
Temps des vacances d'été.
Il vivait avec sa mère et occupait la cure qui avait une cloture commune avec le jardin de mes grands parents.
Début de l'installation de mes parents à Villars.
Je garde le souvenir d'un homme bon,compréhensif,pas oralisateur du tout.
Il savait parler aux enfants,sans vouloir les gaver de religion à tout prix.
Il écoutait tout simplement,meur parlait avec leurs propres mots d'enfants.
Une anecdote.
Un jour,en plein milieu de la journée,les cloches de l'église se sont mises à sonner à toute volée,sans raison.
Les gens sortaient sur le pas de leur portens'interrogeaient les uns les autres.
Le tocsin,celui des grands jours.
Au bout de quelques minutes,un raffut du diable.
Toute la batterie de cloches en grand branle bas.
Monsieur le curé a traversé en courant la place du marché en direction de l'église en retroussant sa soutane à deux mains.
Peu après son entrée dans l'église,le concert s'est tari.
Il est ressorti en tenant mon petit frère par la main.
Thomas devait avoir six ans enciron et était curieux de tout.
Il a expliqué qu'il voulait voir les cloches et savoir comment elles fonctionnaient.
Monsieur Thevenard lui a simplement demandé de venir le prévenir la prochaine fois qu'une telle envie se ferait sentir !

Demain,préparation d'un départ annoncé.
Départ définitif!
Départ charnel,abandon de l'enveloppe corporelle.
Comme un papillon quittant sa chrysalide,l'esprit de Papa s'est échappé.
Il reste le cocon qui l'a protégé tout au long de son existence.
C'est ce dernier qu'il nous faut abandonner.
Mama ne veut pas venir.
De nouveau elle fuit.
Rien à faire,elle n'a pas le courage.
"Tu iras avec ton oncle"
En ce moment,quand il faut prendre une décision,effectuer une formalité c'est"Tu iras,je ne peux pas".
Que dire?
Tout ce que j'espère,c'est que ce curé ne va pas tester mon engouement religieux.
Cela risquerait d'être désagréable pour moi,mais pour lui également.
J'ai effectué toute ma scolarité dans des établissements tenus par des bonnes soeurs.
Dans les classes primaires,au pensionnat de Mntanay,je n'ai pas souvenir d'avoir été confrontée à une demande très poussée de religion de la part des soeurs.
Ambiance bon enfant,proximité.
Communion,confirmation,communion solennelle,la routine.
C'était un petit établissement familial dirons nous et il régnait une convivialité certaine.
Des bonnes soeurs en aubes bleu marine et col blanc,voile de coton bleu sur les cheveux,crucifix discret sur la poitrine.
Pas de chic chi,des nonnes aux joues roses et au sourire bienveillant.
Des élèves en majorité de la campagne.
Une grande école de village.
A la troisième,je suis allée au pensionnat de Saint Charles de Serin, sur les bord de la Saôn à Lyon.
Autre mentalité.
De la maternelle à la terminale.
Beaucoup d'élèves,différentes classes sociales parmi les écolières,mais visibles cette fois ci.
Les bonnes soeurs n'avaient pas non plus la même mentalité.
Normal,enjeu,faire vivre et prospérer un tel établissment demandait d'autres dispositions que gentillesse et disponibilité.
Caresses dans le sens du poil des élèves et de leurs parents fortunés,plus de compréhension,moins de rigueur.
Je n'ai pas souffert dans cette école et j'en garde de très bons souvenirs avec mes camarades de classe,cependant cette époque a marqué une cassure,une félure,la révélation que les adultes ne sont pas toujours ce qu'ils disent et mentent sur ce qu'ils pensent.
Il y avait un seul homme dans cette école,mise à part un ou deux professeurs et personnes chargés de l''entretien.
Un prètre,celui qui assurait les offices de la journée.
Il était toujours sur son"trente et un" comme on dit.
A cette époque,les gens d'église avaient changé soutanes et robes contre des vètements civils,finis les uniformes.
Certaines nonnes passaient également beaucoup de temps à leurs toilettes,pas un cheveu qui boug,fond de teint discrèt mais présent e jupe un peu plus moulante que ne devait le tolérer le réglement interne !
Comportements ambigüs qui amusaient les élèves.
Hypocrisie qui me révoltait.
Mensonge et opportunisme,voilà c que j'ai découvert.
Je n'ai jamais eu la religion en gande estime,mais chacun est libre de croire à ce qu'il veut.
La religion pour moi,voit le jour par ignorance et superstition.
Crainte de l'inconnu,peur de ce que l'on ne comprend pas.
Nous vivons d'autres temps maintenant.
Pourtant elle perdure.
Aliénation de la pensée du plus grand nombre.
Refuge facile,on ne se prend plus en charge,on demande à un dieu,une puissance extérieur,quelconque,d'agir à votre place e de réussir.
Asistanat.
La religion entraine ségrégation,interdits,intolérance,racisme,crimes odieux.
Les résultats obtenus sont contraires au but soit disant recherché.
Je suis athée.
Je ne crois qu'en moi et en ceux que j'aime.












ajouter un commentaire publié dans : Mon père me tenait par la main
Vendredi 13 avril 2007
commentaires (3)   

Ballades


Référencé par Blogtrafic

Polynesie,Beauté Originelle

       -communauté-
http://croquepomme.over-blog.com/
http://laforcetranquille.over-blog.fr/
http://ma-vie-mon-fenua.over-blog.com/
http://tiare.ecoledevie.over-blog.com/
http://www.danyintornoalmondo.com/
http://pacificaillou.over-blog.com/
http://www.fenua-tahiti.com/
http://desarenesapapeete.over-blog.com/
http://voyageauboutdumonde.over-blog.com/

Le Tour du Monde

Visitez le MONDE.......
   Plus de 225 blogs    
Découvrez la planète   
Rejoingnez la ronde
Pour TOUT Savoir....       
http://sophierodriguez.over-blog.com/article-5756945.html

Un blog trouve tout......
http://propice.blogspot.com/

A même la surface
Espace,Luninosité.
Evasion,transparence.
Filaments lumineux ondulant au gré de la houle.
Les vagues deviennent bulles.
Au raz de l'eau,les couleurs changent.Les turquoises s'habillent de gris.
Au raz de l'eau,le bleu revet des reflets métalliques.Camaîeu de mercure au zèbrures translucides.
Les rayons du soleil dévient,irisent les courbes des vagues.
Le ciel et la terre se séparent,se distinguent,s'identifient chacun par rapport à l'autre.
Le ciel s'étale,traversé par la course ouatinée des nuages rebondis.Le bleu resiste,s'accapare l'espace.
A même la surface,la mer varie,s'étire,s'impose.Sa matière prend de la consistance,s'emplifie.
Les couleurs perdent cette blancheur laiteuse du lagon.La transparence devient critalline,scintillante.
Fluidité des fils de lumière parcourant l'ondulation des flots.
Apaisement.
Saveur d'éternité.
L'instant en suspension.
On se perd entre ciel et terre.
 

http://www.cyber-annuaire.be/annuaire/" title="annuaire gratuit" target="_blank" >Cyber Annuaire

 

Découvertes

Cliquez ici pour recommander ce blog

Publicité

Blog : Philosophie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus