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  • : 28/10/2006

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6 mai 2003.
Le temps est beau.
Vent léger,ciel bleu.
Cet aprés midi,à 16heure,Papa nous quittera une seconde fois.
Aujourd'hui, débute son séjour en terre.

Ce matin,je suis allé avec mon onle Dédé faire quelques courses à Super U.
Heureusement qu'il a pensé à ce genre de détails.
C et aprés midi,la villa accueillera beaucoup de monde,il fait chaud,nous achetons des boissons et des bricoles à grignoter.
Nous avons disposé des tables de jardin et leurs sièges sur la terrasse derrière la maison.
L'ombre des forthisias et d'un cerisier tachent de gris les dalles de petits galets.

Sentiment de noyer notre désarroi dans l'actiité.
Tentative pour s'échapper quelques minutes.

Mois de mai,joli mois de mai.
Il existe une chanson,je crois.
Elle parle des cerisiers en fleurs,de la douceur du temps.
Nous accompagnerons Papa sous la légéreté des rayons d'un soleil de printemps.

Peut-être son esprit vagabonde t il au dessus de la maison?
Peut-être suit il nos moindres faits et gestes?
J'aime à penser qu'il nous observe.
Un regard tout simplement,sans réflexion,sans déduction.
Une sorte d'accompagnement,sans à priori,impartial,détaché,immatériel déjà!
Pourquoi l'esprit ne resterait il pas un peu près de ses proches,le temps de s'adapter à sa nouvelle condition,le temps d'assimiler la séparation.
Après tout?
Je me prète à réver.
Pourquoi pas,on ne sais rien.
Je ne suis pas la seule à avoir ce genre de délire.
Délire exactement!
Orgueil démesuré.
L'homme n'est qu'un primate évolué.
Pourquoi aurait il un destin supérieur lors de sa disparition terrestre?
L'esprit ne vit que par la matière.
Le cerveau,receptacle et carburant de l'esprit.
Rien d'autre.
Fatuité de terrien!
Mais le délire demeure.

Le souffle qui traverse la terrasse,carressant les nappes blanches.
Les pétales d'une rose précose qui soudain s'éparpillent au sol.
Est ce lui qui en passant s'est amusé à froler la réalité?
Délire encore!

Ce matin,de très bonne heure,un couple de tourterelles.
Il était perché dans le tamaris en face d'une des portes fenètres du salon.
Tourterelles turques aux colliers noirs au travers des rameaux de duvet rose.
Je les observais en sirotant un thé.
L'une d'elles a voleté vers la baie vitrée.
Vol de colibri,sur place.
Ailes déployées,velours gris du plumage.
Elle a fait plusieurs tentatives pour entrer,tapant de son bec les carreaux.
Son manège a persisté.
Elle s'est éloignée,hésitante.
Est revenue et ce va et vient à durer de longues minutes.
J'étais à un mètre d'elle,de l'autre coté du vitrage,de l'autre coté du miroir.
Au bout de plusiurs essais,elle a cessé et regagné sa branche.

Petit signe?
Bien sur,divaguer ainsi n'a rien de rationnel,de scientifique.
Je sais que je m'égare,mais cet égarement me plait.
Supposer ou espérer?
Déjà lors du départ de ma grand mère cette idée d'errance de l'esprit au sessus de nos tètes m'avait séduite,réconfortée enquelque sorte.
La même pensée s'incruste dans mon esprit.
C'est une idée plaisante rassurante.
Elle ressemble à un gros chat rond et ronronnant,assis pattes repliées sous son ventre soyeux.
Je l'apprivoise,la caresse,la range dans un tiroir de mon cerveau.
La ressort de temps à autre.
C'est pueril,mais si réconfortant.
On évite la rupture,seule la présence physique de l'absent manque.
On l'imagine en voyage.
J'ai des facettes de ma personnalité très enfantines et je revendique cet état d'esprit.
L'enfance permet des curiosités,des fantasmes,des rèves et des certitudes.
C'est oux,agréable,un nid douillet pour se vautrer dans l'insouciance dont on a pas conscience.
Un régal!
Une gourmandise!
Je me moque de ce que l'on pense de moi.
Seul l'avis de Serge m'importe.

Aujourd'hui que j'écris ces mots,trois ans ont passé.
Trois ans et le deuil n'est pas fait.
Besoin d'écrire,comme une thérapie à la douleur.
J'ai suivi le chemin de beaucoup d'autres.
Difficulté de ranger les mots sur le papier.
Les mots!
Où trouver ceux qui reflètent,dessinent,appréhendent votre vision.
Je n'ai pas accepté!
Rien accepté!
Rien consenti!
Il est là encore et encore.
Douloureusement présent.
Je voulais que l'on fasse sa connaissance.
En trompe l'oeil,comme caché derrière un voile.
Papa.
Besoin de reconnaissance.
Besoin qu'il soit connu par procuration,par défaut.
Nécessité,demande.
Que d'autres,les gens frolent sa disparition.
Le vide qui devient présence.
L'absence qui devient quotidien.
Et pourtant!
Cette absence a un je ne sais quoi d'intemporel.
Si Papa franchissait à l'instant le seuil de la maison et bien je trouverais cela tout à fait normal.
Normal et rassurant.
Assurement.

Lorsque la mairie nous a confirmé l'emplacement de la tombe de Papa,nous nous y sommes rendues maman et moi.
Pour voir,reconnaitre les lieux,une visite pour se rendre compte.
Maman peut se familiariser avce l'environnement,repérer les prochains voisins de Papa.
C'est dans la partie ancienne du cimetière.
Parcelle derrière celle réservée aux enfants.
Elle m'est familière,mon arrière grand père et mon oncle Henri y reposaient.
C'est cette tombe que ma grand mère venait fleurir si fréquemment.
Mon oncle a rejoint ses parents.
Un long rectangle a été dégagé dans le centre des rangées de pierres dressées.
La moitié gauche.
Rectangle de terre argileuse et collante.
Lorsque le temps est à la pluie la terre est amoureuse.
Elle vous colle aux semelles pour vous suivre jusque chez vous.
Les vieilles sépultures ne bénificiant plus de la perpétuité et la famille des personnes qu'elles protègent n'ayant pas renouvelé le bail,elles ont été rasées tout simplement.
Le manque de place engendre cette pratique.
Personellement cela m'indiffère.
Le corps n'est qu'écorce qui s'anéantit quand l'esprit disparait.

L'enveloppe,le cocon de l'esprit n'est rien.
Il ne nécessite aucun traitement particulier.,sauf celui d'être détruit le plus proprement possible.
Le feu,purification par le feu.
Je m'égare.

La maison s'est remplie.
Thomas et Thérèse,detresse.
Véro,cernes mauves sous les yeux tristes,Vanille qui a exigé d'être là et Fred avec son chapeau de cow boy.
Seigneur ce chapeau de cow boy!
Il en a sucité des reflexions!
Bref!
Mon oncle Maxence,sa femme Raymonde,une soeur de maman,ils viennent de la frontière suisse,une de leur fille Clara.
Chantal,la plus jeune soeur de maman et son mari.
Mon cousin Jean -Marc est là.
J'ai toujours eu pour lui une grande tendresse.

C'est un fils,le troisième de ma tante Hélène la soeur de Papa.
L'enfant qui arrive alors que déjà deux petits s'accrochent à vos jambes.
Fatigue.
Jean-Marc,un enfant fantasque,esprit aiguisé.
Curieux jusqu'à la moelle.
Envie de tout connaitre,tout voir.
Touche à tout,instable.
Avide de reconnaissance,incompris.
Timie et peureux.
Ses amis l'avait surnommé "Pétoche",mas sans méchanceté,pour rire.
Fantasque donc original et difficile à comprendre.
Il me tenait au courant de ses passions successives.
La guitare et Marcel Dadi,la géographie,il tenait ses profs en échec,les modèles réduits,les avions radiocommandés,la photographie,les montages électriques,la radio.
Il apprenait tout,tout seul,allait à fond dans ses recherches,puis passait à autre chose.
Grand garçon un peu déguingandé,un peu emprunté,mais tellement touchant.
A Curis il venait en vacances et lorsque j'étais chez mes grands parents,il partageait mes jeux,mes ballades en vélo.
A Villars il était tres souvent chez nous.

L'heure approche.
Les regards sont brillants de larmes contenues.
On chuchotte,on se tient les mains.
Contact des doigts,chaleur de quelques mots.
Maman est le centre des attentions.
Besoin de l'entourer,de lui dire nous sommes là,près de toi.
On ne peut te consoler,mais on peine auprès de toi.













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Mardi 15 mai 2007
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Nous partions souvent en foret,grandes ballades sous le feuillages.
Armés d'un baton pour écarter les branches,nous respirions à plein poumon la'odeur des sous bois.
Moisissure des feuilles,humidité des mousses,acidité de l'humus,transpiration des troncs recouverts de lierre,douceur acre des champignons,fragrance sucrée des baies trop mures.
On guettait le moindre bruit,espérant la rencontre d'un chevreuil gracieux,craignant un face à face avec un sanglier grognon.
Chaque crotte,chaque déjection était inspectée et on tentait de repérer les traces de leur propriétaire.
Le martelement d'un pic vert ou d'un pic épeiche frappant un tronc nous faisiat dresser l'oreille.
Les enfants couraient à doite ,à gauche,s'imaginant en trappeur,en Tarzan,en indien sur le sentier de la guerre.
Les grands comme les petits,nous rentrions les joues roses et le sourire aux lèvres,affamés,un peu grisés par le grand air.

La première année,succession de petits ennuis.
Tout d'abord,crainte dêtre obligé de partir!
Nous avions emménagé sans savoir que la commune avait un droit de préemption
Si elle faisait valoir ce dernier,nous n'avions plus qu'à faire nos bagages.
Fin mai,soulagement,nous sommes bien chez nous.
En juillet,énorme orage,grèle,dégats.
Le toit d'ardoise a souffert,le cumulus a grillé.
Attente du décret de commune sinistrée.
Attente de la prise en charge de l'assurance.
Septembre apporte la bonne nouvelle.

Hiver très rigoureux,moins trente pendant plusieurs jours.
Nous sommes bloqués,isolés.
Dans la cave la tuyauterie gèle,plus d'eau.
Route impraticable.
Le congélateur est plein,no problème.
Je remplis de grands faitoux de neige que je fais bouillir sur la grosse cuisinière à bois.
Nous avons du bois en quantité,de la neige à profusion,quarante centimètres.
Nous sommes au chaud et la neige fondue nous permet d'avoir de l'eau.
Le plombier est venu plusieurs jours de suite réchauffer les tuyaux au chalumeau.
Nous avons installé un convecteur electrique dans la cave pour maintenir une température minimale et empècher la glace de se former.
Par chance,les cables électriques des lignes EDF ont resisté au poids de la neige glacée.

Imensité blanche.
Paysage irréel,figé,silencieux.
Féerie translucide,immaculée.
Pas un bruit,sensation ouatinée ,douceur de coton.
Les animaux se terrent,se mettent en boule pour garder la chaleur de leur corps.
Les oiseaux restent au nid,se cachent dans les crevasses des arbres,les trous dans les murs,les greniers.
En sortant pour chercher du bois,on remarque malgré tout les traces genre brindille des rongeurs.
La respiration trouble la vision par le nuage blanchâtre qui s'échappe des lèvres à chaque expiration.
Seule la fumée s'effilochant au dessus des cheminées relie les maisons les unes aux autres.
Parfois le croassement d'un corbeau brise la tranquilité.
L'écho de son cri semble absorbé par cette étendue de crème fouéttée eten resortir amorti.
Carte postale en noir et blanc.
Blanc de la couette duveteuse qui recouvre prés,forèts,routes et toits.
Noir réglisse du sous bois et dessous des branches.

En 91,nous avons vendu "Les Grands Genets".
Les enfants grandissaient.
Nous étions éloignés de tout.
20km pour aller au collège,autant pour leurs activités sportives,voir les copains qui habitent dans les fermes ou villages environnants.
Ils avaient envie de plus d'autonomie.
Nous aussi.
Prochaine destination,la Corse.
Départ.

La Corse,une merveille.
Les paysages éblouissants,d'un bout à l'autre de l'île.
On passe de la mer à la montagne en quelques kilomètres,quelques dénivelés.
Couleurs,éclaboussures de couleurs.
Au détour d'une route on se retrouve face à une baie aux nuances antillaises.
Eau transparente,limpidité caribeene,turquoise,sable blond,vert des chènes lièges,odeur d'écorce chauffée .
Plus loin,désert à l'infini,paysage tourmenté,aride,rouge et brulé.
Maigres buissons,roche blanche d'être martelée par les rayons solaires.
Sites de haute montagne,grands sapins aux troncs de mat de navires,torrents agressifs griffant les berges déchiquetées d'où ressortent,tel des os,des rochers anguleux éclaboussés d'écume.
Calanques tranquilles,des barques se balancent dans la houle.
Plages blondes à l'infini sur la cote orientale,bordant des hectares de vergers abritant mandarines,pèches,citron et kiwis.
Bocages aux routes sinueuses et étroites,domaines des cochons sauvages aux poils noirs et roses,des anes,chevaux et vaches vagabondants aux bords des lanières de routes escaladant les pentes veloutés d'arbousiers,de myrthes et d'oliviers.
Villages silencieux,comme endormis,assommés de soleil,perchés,accrochés à flanc de montagne,posés au bord de mer ou pris de vertige au dessus des flots.
Maquis,odeurs envoutantes,capiteuses,enivrantes.
Odeurs des charcuteries.
Délice.

Papa et maman sont venus passer un mois auprès de nous.
Nous habitions une villa à Biguglia,près de Bastia.
On les a promenés de long en large et de haut en bas.
La
Corse est une île et la vie chère est donc une de ses particularité.

Notre séjour a été de courte durée,deux ans à peine.
Serge était menacé  de mort,surveillé,suivi.
Un jour,sur la plage seule avec les garçons,un homme s'est approché
Bonjour.
Très poli.
En une phrase,il m'a dit qui nous étions,où nous habitions,depuis quand,la marque de notre voiture,puis il m'a souhaité une bonne après midi
Il est reparti.
Nous étions en Corse depuis un mois et demi environ.
Premier avertissement?
Certainement,puisque Serge a reçu les suivants!
Le téléphone qui sonne,le jour,la nuit.
On décroche,on raccroche.
Une fois,deux fois,dix fois.
Serge prévient qu'il va mettre son téléphone sur écoute par l'intermédiaire de Télécom pour connaitre la provenance de ces appels anonymes.
Les appels cessent aussitôt!!!!
Envoi de cercueil,envoi de liste de personnes qui vont être éliminées.
Tu es le dernier pour le moment,mais les premiers vont disparaitre!
Rapatriement.

Retour sur le continent.
Dommage!
On avait acheté un bateau.
Pèche en mer,balade,tour de l'île.
Un régal.

Nouvelle destination.
Marseille,Carry le Rouet.
Une belle et grande maison à Barqueroute.
Plaisir de la mer,senteurs d'iode et de résine mélées.
Papa et maman sont venus à plusieurs reprises.
Hospitalisation.
Papa a une pneumonie.
Il est revenu trempé de Marseille
Le mari d'une soeur de maman habitant Chateauneuf le Martigues lui avait demandé de l'accompagner pour prendre des places pour un match de foot.
Gros orage,Papa est rentré trempé,frissonnant.
Plusieurs jours d'hospitalisation.
Fragilité.

Nous sommes restés cinq ans dans cette région.
Serge faisait de temps en tempsun demande pour partir aux Antilles.
Un jour,la nouvelle est tombée.
Décembre.
Juste avant Noël.
Il n'avait rien demandé cette fois ci,mais on avait besoin  d'une personne de son profil.
Ses demandes répétées ont laissé pensé qu'il ne refuserait pas cette proposition intempestive.
Pourquoi partir?
Pourquoi rester?
Besoin d'évasion.
L'envie de changer d'air a,une nouvelle fois,fait pousser des ailes à nos semelles.
Nous connaissions la Guadeloupe pour avoir effectué des séjours de vacances.
L'avion nous attendait.










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Mercredi 9 mai 2007
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1984,nous avons acheté une maison.
Le Morvan.

Garry était né en aout l'année d'avant.
Nous avions envie de changer d'air,envie d'espace,de nature.
Nous habitions un pavillon en banlieue parisienne.
Joinville le Pont sur le bords de la Marne.
Petite villa,petit jardin,deux gros chiens,un berger belge,Nounours et un grand danois,Nessy,un petit chien,Prunelle.
Un bébé tout neuf,désir d'évasion.
Serge et moi avons déplié une carte de France sur la moquette du salon.
Serge a fermé les yeux,pointé son doigt en décrivant des cercles au dessus de la grande feuille plastifiée.
Son index est descendu.
Un nom,Le Morvan.
Nous avons acheté un journal d'annonces immobilières de particuliers et ciblé celles qui correspondaient à nos moyens financiers.
C'était en février,nous avons emménagé à la main avril.

Villeboeuf.
Petit hameau au coeur du Morvan.
Une route qui monte,quelques maisons accrochées de chaque coté.
Une vingtaine d'habitations,une douzaine de personnes résidant toute l'année.
Notre maison est une ancienne ferme sur un hectare de terrain.
Terrain dont la moitié est envahie par les genets aux fleurs jaune d'or.
La propriété s'appellera" Les grands genets"!

Nous sommes la première maison au début du village.
Un petit chemin bordé de noisetiers crevant un vieux muret de pierres plates et mousseuses.
L'été,il embaume les fraises des bois,des digitales aux longues tiges et fleurs pourpres éclaboussent l'ombre des arbustes.
Un chataignier et un tilleul aux grappes parfumées,arbres d'une vingtaine de mètres,montent la garde de part et d'autre du portail en grumes de sapin.
En face,la maison de Fernand,il vit à Digoin mais vient très souvent s'occuper de ses forèts,seul sans son épouse.
Le sentier poursuit au dessus de chez nous entre forèt de sapin,de feuillus et de prairies.
Dans cette région,celui qui possède un bout de champ le plante en sapin  pour Noël.

C'est un corps de ferme de vingt mètres de long.
Toit d'ardoises flanqué de deux cheminées.
A gauche,coté prairie descendant vers la route et le ruisseau qui cascade,la maison est en pierre,l'autre partie,à droite,est récente en moelon.
Nous l'avons tout de blanc crépie.
Devant un parc,des bosquets de noisetiers et de sureaux mélés,un puit à moitié comblé aux margelles cachées par la mousse et un grand sapin balançant ses longs bras d'aiguilles.
Derrière,le verger délimité sur deux cotés par une haie d'aubépines,de merisiers,de frènes et de bouleaux.
Enchevètrement de feuillages,camaieux de vert pimenté au printemps de pétales aux couleurs diverses.
Sur toute la longueur à droite,un pré encombré de genets longe une forèt sombre,fraiche et silencieuse de sapins hauts et serrés.
Au centre du terrain ,un noyer et un autre chataignier magestueux étendent leurs branches vers la maison.

L'intérieur est chaleureux.
Plafond à la française,poutres de chataignier,large cheminée,murs crépi couleur coquille d'oeuf sont le décor de la pièce  vivre.
Dans un angle,une lucarne ovale éclaire l'évier de faience.
Trois marches de chène mènent à la salle de bain puis au cellier.
Un salon au parquet de chène clair,cheminée insert,mezzanine déservant les cinq chambres éclairées par des velux.
En bas,suite au salon,une salle à manger,un bureau,un salon d'hiver donnant sur la piscine ovale couverte sous véranda et ouvrant ses larges baies coulissantes sur le parc.
C'est une grande maison accueillante.
On sent son âme derrière les murs épais.

Lorsque nous avons emmnagé,seule la partie gauche était habitable,l'autre partie était en briques rouges pour garer les machines agricoles,le bois de chauffage.
Serge avec l'aide de Charlot,un oncle maçon et son père a abattu les murs,reconstruit en moellon,ajoutant un étage et posant des fenètres et portes à petits carreaux identiques à la partie terminée.
Nous avons fait posé un insert sur un épais socle de briques,creusé la piscine et amménagé l'espace autour de cette dernière grace à une véranda reposant sur des poutres en lamelle collé.
Les trois garçons ont appris à nager à Villeboeuf dans la piscine des Grands genets.

Le grand prè a été nettoyé de ses arbustes envahissants et ensemencé en prairie.
Deux trotteurs français,Tessa et Tornade ont pris possession des lieux ainsi qu'un poney à la blonde crinière et sa copine une petite chèvre naine.
Biquette,on a manqué d'originalité,vient de chez mes parents.
Geoffroy visitait le zoo de Romanèche Thorin.
Dans un enclos,un troupeau de chèvres naines s'ébattaient sur une colline de béton.
Il est resté littéralemen scotché au bord du parc,ses petites mains agrippées au grillage.
"Pépé,tu crois qu'on peut en avoir une?"
Mes parents se sont regardés.
Une semaine plus tard un couple batifolait dans le terrain de la villa.
Deux biquettes car le zoo ne les vendait qu'en couple.
Geoffroy a appelé le mâle Julien pour rendre hommage à son meilleur ami.
Plus tard un petit est né,la mère ne s'en est pas remis.
Le bouc n'a pas survécu à sa chevrette.
Biquette a déménagé à Villebeouf.
C'est devenu la grande amie de Talis le shetland

L'ancienne ferme a repris du service.
Serge a délimité un immense jardin potager jouxtant un poulailler et un clapier.
Des poules,des coqs,des oies,des dindons,des canards,des cailles,des pigeons,des lapins,des cobayes,des lapins nains,des hamsters,de poissons rouges,nous avons tout hébergé.
Nous faisions des conserves de légumes,de fruits,des patés,des terrines,des confitures.
L'hiver on salait le cochon.

Lors de notre arrivée,les gens nous ont regardés d'un air narquois.
Le petit gars de Paris avec son épouse toute pimpante,"ils vont pas faire long feu"!
C'est ce que l'on disait.
Et puis leur regard a changé.
Steve notre troisième garçon est né à Autun.
Les mois ont passé.
Leur regard s'est adouci.
Amitié.

Serge allait boire un verre chez Nenette et son fils Jeannot le dimanche quand le boulanger passait avec sa camionnette de livraison.
Chez Nenette.
La première maison sur le bord de la route,près du lavoir.
Une petite bonne femme,chiffonnée comme une pomme d'hiver mais dont les yeux débordaient de tendresse.
Tout le monde s'y retrouvait,comme au café,le facteur,l'épicier,le boulanger,le cantonnier et deux ou trois"boit sans soif" toujours pret à lever le coude.
C'est chez Nenette que le cantonnier,Bebert,ancien boucher,venait donner le coup de grace au goret que nous nous partagions avec Jeannot.
Il venait également estourbir un ou deux agneaux dont nous achetions une partie pour mettre au congélateur.
Réserve d'hiver.
Jeannot nous approvisionnait en patates,en patois on dit des treffes,je ne suis pas sur de l'orthographe mais certaine de la prononciaton.

Mon père adorait passer quelques jours à Villeboeuf.
Il ne se faisait jamais prier pour venir,même  du temps où il travaillait encore à la boulangerie.
Suivant la saison,nos promenades avaient un but différent.
Nous allions aux champignons.
Le soir une omelette moelleuse des oeufs de nos poules accompagnait la fricassée de coulemelles,de giroles,de roses ou de cèpes selon la saison.
On ramassait des mures,des baies de sureau ou des fraises des bois afin de confectionner des gelées et des confitures.
Quand les pissenlits pointaient le bout de leurs tendres feuilles,nous nous régalions de salades aux lardons.
En automne,on remplissait des paniers de chataignes que l'on faisait griller sur la fonte du gros poèle à bois.
La cuisine se parfumait d'une bonne odeur sucrée et vanillée.
Nous partions pècher la truite près de l'ancien moulin à eau.
On confectionnait des fagots de banches de sapin,celles que l'on enlève à la base du tronc pour circuler plus aisement.
Ils serviraient pour allumer poèle et cheminée durant l'hiver.
Des pommes de pin s'entassaient dans des sacs de jute pour aider au démarrage du feu.
Quand le grand tilleul blanchissait sous les fleurs,on déposait les bouquets au parfum miellé et entètant dans des draps pour les laisser sécher lentement.
Toute la maison s'endormait dans les effluves odorantes. 




 

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Mardi 8 mai 2007
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Au raz de l'eau,le bleu revet des reflets métalliques.Camaîeu de mercure au zèbrures translucides.
Les rayons du soleil dévient,irisent les courbes des vagues.
Le ciel et la terre se séparent,se distinguent,s'identifient chacun par rapport à l'autre.
Le ciel s'étale,traversé par la course ouatinée des nuages rebondis.Le bleu resiste,s'accapare l'espace.
A même la surface,la mer varie,s'étire,s'impose.Sa matière prend de la consistance,s'emplifie.
Les couleurs perdent cette blancheur laiteuse du lagon.La transparence devient critalline,scintillante.
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