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  • : Je me suis installée en Polynésie l'année du décès de mon père.J'ai écrit un livre pour lui,pour moi. Visite des iles,paysages,ambiance... Peut-être aimerez vous me suivre
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  • : 28/10/2006

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Flamboyant
Le flamboyant est l'arbre typique des tropiques,un symbole,une image récurante .
J'aime les arbres.Couper un arbre est un peu sacrilège.
J'aime collecter des graines,toutes sortes de graines.
Dans ma cuisine,je les laisse tremper dans des bocaux tapissés de coton humide.
J'expérimente,attends l'éclosion des pépins,des noyaux,tous ces oeufs végétaux dispersés par le temps qui passe,les diverses échéances de la nature.
Dés l'apparition d'un oeil de verdure,minuscule regard sur le monde extérieur,je replante,arrose,transplante.
Cela ne réussit pas à tous les coups,mais lorsque le rejeton se dresse et profite,quelle récompense!
Ces arbres aux troncs noueux,les branches ouvertes comme un immense parasol au dessus du sol,dispensent ombre et fraicheur,tout en offrant la beauté de leurs fleuillages et le rougeoiment de leurs fleurs.
Il en existe de deux couleurs,jaune vif et rouge écarlate.
Ce bel arbre se rencontre partout,dans les parcs,les jardins,les bords de plage,et même en pleine nature.
C'est lors de la saison des pluies,la période chaude que cet arbre pouvant atteindre plus de 15m donne le spectacle de ses grappes de fleurs.
Peu à peu,elles vont donner naissance à de longues gousses brunes,laissant sur le sol des flaques sanglantes ou des brisures de soleil de pétales fanés.
Son introduction sur la Polynesie remonte à quand?
Il est,je crois originaire de Madagascar.
Les graines ont du voyager,migrer depuis l'ocean Indien traverser ses immensités aqueuses, pénétrer l'océan Pacifique.
Combien d'escales,combien de bonds et rebonds sur les diverses terres abordées.
Et comment cela,comment cette aventure!
Les oiseaux!
Les jardiniers,les semeurs de Dame Nature.
Les graines absorbées par ces grands voyageurs,ces navigateurs de la planète,ont été déposées dans tous les coins du globe.
Le climat,la terre faisant le reste.
Le flamboyant est très vivace.Son départ dans sa vie d'arbre est très rapide.
Nous avions planté un flamboyant en Guadeloupe,mince brindille,de la taille de mon petit doigt, hérissée d'une mèche de feuilles vaporeuses ressemblant vaguement à celles de l'acacia.
Deux ans plus tard,son tronc encore lisse s'élevait à près de quatre mètres du sol.Et je ne suis pas de Marseille!
Son  bois est dur,resistant,ses graines,son écorce donne des pigments pour la teinture.Ce n'est quand vieillissant que ses branches deviennent ridées,noueuses,torturées comme les bras des gens agés.
Impression de veines gonflées courant son l'écorce crevassée.
Mais sa chevelure ensanglantée ou couronnée d'or pendant la saison des pluies est le plus beau cadeau qu'il puisse nous faire.
Plaisir des yeux.



publié dans : Fruits et fleurs
Samedi 6 janvier 2007
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Un voisin de Camille leur a donné un énorme homard.
Comment le cuire?
Bètement,on ose se renseigner,avouer son ignorance!
Cela ne semble pas très compliqué!
La première difficulté,trouver une casserole à sa taille a été réglée.
La bestiole repose sagement dans la marmite parmi la julienne de carottes,oignons et herbes aromatiques.
Le feu lèche la gamelle.
Mais soudain,la tempèrature devient trop élevée pour la pauvre bète qui commence à réagir.
Premier coup de queue,le couvercle tressaute.
Elle s'enerve,le couvercle vole sur le sol de la cuisine.
Grandes éclaboussures,Francine,Camille et Louis commencent à sinterroger.
L'eau bouillonne,la bestiole résiste,il faut maintenir le couvercle sur la casserole.
L'agonie de ce malheureux crustacé a duré quelques minutes.
Les cuisiniers,navrés,ont compris qu'il valait mieux plonger la bestiole dans l'eau bouillante!
Expérience nouvelle,les homards ne sont pas légion dans les Dombes.

Le matin,le ciel est couvert,mais le plus souvent il enlève ses voiles avant midi et les après-midi sont radieuses.
On profite du soleil,en maillot de bain,allongé sur une serviette,on prend des airs de star.
On s'amuse d'un rien,le bonheur est ainsi!
Lorsque la mer est haute,on s'éclabousse dans les vagues ourlées d'écume.
Mais jamais très loin,Louis a la phobie de l'eau.
Depuis le décès de son frère,il ne s'est jamais rebaigné et supporte avec difficulté qu'un de ses proches se livre à ce loisir.
Angoisse!
Il reste à distance de cet élément,de l'eau jusqu'aux chevilles ou mi mollet est le plus qu'il puisse tolérer.

En rentrant de la plage,on traverse les landes côtières,les prés salés où paissent des moutons par centaines.
La viande de ces animaux est réputée et à la foire de Lessay début septembre,les gens se pressent pour la déguster sous de grandes tentes où s'allongent de longues tables bordées de bancs.
Tout le monde se cotoie,mange ensemble,coude à coude sur les plateaux de bois.
Les quartiers de viande,les gigots,cuisent sur d'énormes grills près des tentes,l'air embaume.
L es brocs de cidre circulent,les bolées se remplissent,les coudes se lèvent,l'ambiance est bon enfant,festive.
La foule chamarrée déambule entre les stands,la foire de Lessay est en fait un regroupement de plusieurs foires.
Marché aux bestiaux,les paysans exposent leurs animaux enrubannés,bichonnés,boeufs,veaux encore au pis de leurs mères,moutons et agneaux bouclés,chevaux frémisants,l'oeil nerveux.
Toutes les volailles de la basse cour sont représentées,les lapins,les animaux de compagnie,les chiots et les chatons se pressent dans les cages en osier,tendant leurs truffes vers les mains caressantes des enfants.
Les étals de tissus,de vètements,d'objets pour la maison,tout un débalage de quincaillerie et d'outillage.
Mais pour les enfants,les jeunes gens,l'attraction suprème,c'est la vogue,la fète foraine,les manèges,les auto tamponnanates,les stands de tir,les lotteries,les marchands de barbes à papa et autres pommes d'amour,gauffres,crèpes,glaces et bonbons multicolores.
Le plus intrigant,la note de mystère provient cependant des baraques où sont exibés les "curiosités" de la nature,femme à barbe,géant et lilliputien,lutteur et contortionniste.
On entre plein d'illusion,mais ressort le plus souvent frustré et parfois culpabilisé d'avoir payé pour dévisager un être difforme et triste.
Louis et Francine se sont promis de revenir un jour en septembre pour découvrir la ville de Lessay en effervescence.

Au vlalnt de la Peugeot,les deux jeunes gens ont sillonné tous les chemins des environs.
De Saint Vaast La Hougue pour assister à l'arrivée des pêcheurs,à Granville pour voir le Musée de la marine,l'aquarium,Cherbourg et ses navires énormes entourés de grues aux bras d'acier,Caen,Saint Lo,Villedieu les Poêles,Carentan,Periers,sans compter les maints petits villages découverts au détour des chemins.
Ils ont même poussé une de leurs virées jusqu'au Mont Saint Michel.
Lieu unique,son accès reste soumis au caprice de la marée,elle accorde ou non la permission d'arpenter la mince route bitumée qui se dirige vers le rocher.
Marche,bras dessus bras dessous,sur les pavés brillants d'usure de l'unique ruelle qui monte vers la Basilique.
Ils en ont pris plein les yeux,vitrines de souvenirs qui s'allignent serrées à déborder l'une sur l'autre de chaque coté.
Le restaurant"La mère Poulard" qui confectionne une omelette extraordinaire.
Les gens font la queue devant la devanture pour espérer s'installer à l'une des petits tables et savourer le délice suprème.
Trois marmitons en costume régionnal fouettent les oeufs mousseux dans une bassine de cuivre.
On se surprend à suivre les mouvements des bras qui dansent au son de la musique distillé par un vieux gramophone.
La rue exale un parfum de beurre et donne l'eau à la bouche aux passants.
On déambule sur les remparts,on se penche pour estimer leurs hauteurs,admirer l'ouvrage,s'extasier sur la prouesse des batisseurs.
L'esprit vagabonde.
On s'imagine,bloqué sur le rocher un jour de grande tempète,les vagues blanches de rage fouettant,mordant les hauts murs.
On s'inquiète parfois,la marée ne va -t-elle pas arriver plus tôt que prévu,peut-on être isoler?
On glisse une pièce dans l'appareil mis à disposition pour balayer le paysage,guetter une voile au loin,épier les pêcheurs à pied qui armé d'un baton fouillent le sable pour débusquer un coquillage,une gourmandise.
Les moineaux effrontés sautillent sur les larges pierres taillées,cherchant quelques miettes de crèpe à grapiller.
Quiconque monte au Mont Saint Michel ne peut résister à la tentation d'acheter une crèpe et boire un bol de cidre,on entre en communion en quelque sorte.
On arrive au sommet,sous la statue dorée de l'archange qui protège l'église sanctifiée.
L'intérieur de la Basilique est baignée d'ombre et de lueur,les lampes electriques façonnent quelques oasis de lumière.
Les ombres projetées deviennent fantomatiques quand l'obscurité s'épaissit.
Les pas sont étouffés,les voix deviennent chuchottements,l'odeur et la fumée des bougies,l'encens alourdissent l'atmosphère.
Une porte se refermant fait tressaillir les visiteurs,c'est une ambiance de mystère et de recueillement.

On apprécie le retour à l'ait libre et chaque poumon se gorge des odeurs maritimes.
En descendant la ruelle,on visite le musée,des mannequins de cire reconstituent les scènes historiques,les cages où Louis XI faisait enfermer certains détenus,les tentatives d'évasion,les souverains qui ont effectués le pélerinage au Mont,les oubliettes,tout un mode inconnu défile sous le regard incrédule des visiteurs.
Le guide pimente la promenade par des anecdotes amusantes émaillées de détails qui vous font dresser les cheveux sur la tète.
Tout est bon pour tenir son public en haleine.
C'est un site à nul autre pareil et qui laisse une empreinte.
Dans un coin de la mémoire,il incrsute sa marque.

Les vacances ont duré cinq semaines,trente cinq jours de balade en moto,en vélo.
Quelques escapades en voiture,une Versailles,conduite par un couple d'amis de Camille dans laquelle on s'entassait à sept ou huit.
C'était alors journée de rire et d'insouciance.
Le séjour se termine,le jeune couple fait ses adieux.
Camille se sent soudain un peu abandonnée,en manque de famille.
Quelques larmes aux coins des yeux,quelques baisers sonores sur les joues,des au revoir de la main.

La dernière semaine de vacances se passent à Paris.
Camille a demandé à sa marraine de les héberger et de leur servir de guide.
Chaque matin,départ pour une visite de la capitale.
Tout y passe,les Champs Elyssées,la Tour Eiffel,le musée Grévin,Montmartre,même Saint Germain des Prés et ses caves étonnantes pour des provinciaux.
Le seul regret sera de n'avoir eu le temps de rentrer dans le Musée du Louvre.

Les visages des gens cotoyés,les visions des paysages admirés,les saveurs nouvelles rencontrées,ont pris place dans l'album de photos que leur cerveau a éllaboré tout au long des jours vécus.
Il suffira à Francine et Louis d'ouvrir le bon tiroir de leur mémoire pour pouvoir feuilleter les pages du livre de leur voyage et retrouver odeurs et couleurs.

 

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Jeudi 4 janvier 2007
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C'est le début de l'été.
Le mois de Juin.
L'amour de Louis et Francine rayonne.
Mais le soleil est absent,on attend sa visite chaque jour depuis plusieurs semaines.
Il a déserté la campagne des Dombes.
Dans le petit matin,les étangs fument comme galettes sortant du four.
Le temps est à la pluie,pluie fine aux gouttes aiguisées qui vous font frissonner.
Petit vent fripon qui soulève les jupons et emmèle les cheveux.
Petit gout d'automne,un peu vif et piquant.
Les hirondelles sont pourtant au rendez-vous.
Elles nichent sous le toit de la remise et ont depuis longtemps commencé leurs allers retour entre les nids et l'immensité du ciel brouillé.

La maison Curvat s'est réveillée de bonne heure.
Aujourd'hui,Louis se marie!
Mariage sous la pluie.
Mais ne dit-on pas"Mariage pluvieux,mariage heureux"!

On attend les parents de Francine,deux de ses frères,deux de ses soeurs,la famille est clairsemée.
Les Canard ne peuvent pas participer aux frais,ou plutôt la mère ne veut pas,il a fallu limiter les invitations,les Curvat ont des moyens limités.
Mais ce sera jour de fête,jour heureux,jour de souvenirs.
Le jeune marié a belle allure dans son costume flambant neuf.
L'oeil conquérant,le cheveu brillant.
Il est le maître du monde au bras de sa fiancée.
Sa future épouse,mon dieu,qu'elle est belle!
Les Gotte ont fourni le tissu de la robe,un tissu rare,"la peau de poulain",une soie magnifique incrustée de motifs satinés et délicats qui lance ses reflets à chaque mouvement du corps mince qu'elle enveloppe.
Les boucles brunes ont été disciplinées prés des oreilles,dégageant son cou gracieux.
Le bonheur lui va bien,rosissant ses joues,illuminant son regard de lapis lazuli.
Une poupée de porcelaine.

Mariage simple,mariage de campagne.
Les doigts s'entrelacent,les yeux pétillent,les lèvres dessinent des sourires tendres.
L'amour plane dans cette petite église au charme médiéval.
Les époux s'étonnent.
Mais oui,ils sont réellement mariés!
L'aventure commence,l'aventure de la vie.

La sortie des mariés se passe encore sous la bénédiction des cieux,gouttelettes légères et serrées.
Embouteillage soudain de parapluies.
Direction,le restaurant,l'établissement Burnichon.
Restaurant réputé dans toute la région,situé au carrefour de la nationale traversant Villars et reliant Lyon à Bourg en Bresse.
Spécialité:les grenouilles.
Les invités en ont dégustées à desserrer leurs ceintures.
Les petits os fins font guirlandes tout autour des assiettes,petit ossuaire macabre pailleté d'ail et de persil.
Le repas a été gai et réjoui par le vin du Beaujolais.
Quelques gouttes sanglantes parsèment la nappe blanche.
Une seule ombre au tableau,le courant ne passe pas entre les Curvat et les Canard,entre les parents en particulier.
La mère de Francine,trop revèche,trop exubérante,envieuse peut-être,le père trop soumis à sa femme,n'osant plus se laisser aller à l'humeur festive.
Nuage passager qui a plané sur les convives,s'éffilochant peu à peu devant la joie collective,mais une brume est restée.

Le voyage de noce,destination la Normandie,plus précisément la Manche,le Calvados.
Les jeunes mariés s'y rendent en moto.
Louis a fait l'acquisition,il y a quelques temps,d'un bel engin,une Peugeot 125 bleue.
Sur une photo,il est agenouillé près de sa machine,un boulon dépasse de ses lèvres,ses mains noires de graisse reposent sur le moteur.

Camille,la plus jeune soeur de la mère de Louis est installée dans cette région depuis que sa marraine l'a fait venir auprès d'elle.
Elle travaille dans la laiterie Réo,production:les camemberts.
Elle est comptable et habite une petite villa à l'orée de la ville.
Elle est encore demoiselle.
Camille,un petit bout de femme à l'énergie débordante et communicative.
Elle ne marche pas,elle trottine à pas vifs.
Camille,reconnue,respectée dans sa ville d'adoption,Lessay,célèbre pour son abbatiale.
Camille est une figure locale.
Elle s'est illustrée pour son courage,sa témérité lors de l'occupation allemande.
Le débarquement approchait,les allemands étaient sur les nerfs.
Méfiance,autorité,injustice,cruauté.
Ils avaient miné toutes les habitations,obligeant les résidents à l'exil dans la campagne environnante.
Ces gens avaient du quitter leurs maisons dans la précipitation et la peur.
La plupart avait tout laissé sur place,linge,argent...
Camille avait décidé de récupérer le necessaire abandonné par ces familles.
On manquait tellement de tout!
Elle se faufillait,évitant mines et soldats,se cachant dans les trous d'obus,s'allongeant dans les fossés.
Elle visitait les sinistres demeures,raflant le plus pressant,regagnant ensuite les abris de fortune les bras chargés de ces trésors.
Camille,la frèle jeune fille,parcourant la campagne normande plongée dans la terreur.
Les bombardements incessants et meurtriers,les patrouilles impitoyables et omniprésentes.
Les messages qui transitent par ses mains,les paroles que rapportent ses lèvres.
Combien de voyages a-t-elle effectués?
Combien les risques étaient immenses!
Le débarquement.
Les blessés par centaines,l'horreur à chaque instant,les larmes,le sang,la mort.
Camille,encore présente,soulageant,écoutant,séchant les pleurs de ces soldats que la souffrance anéantit,tenant les mains des hommes,parfois encore des enfants,loin de leur famille qui partent vers le néant.
Un homme,un soldat,français,britannique ou américain?
L'amour pour ce combattant,l'amour dans ce chaos!
Est-il mort,est-il parti?
Camille est restée,seule,elle ne s'est jamais mariée!

Le séjour est découverte.
Découverte de la mer,cette mer appelée Manche.
Découverte des produits de la région,fruits de mer,légumes primeurs,fromage,charcuterie et le beurre et la crème dans tous les plats.
Les amoureux parcourent les plages du débarquement,certaines sont encore inaccessibles.
Eté 1955.
La guerre est encore là!
Théatre en plein air.
Le décor de la dernière tragédie interprétée est encore en place.
Carcasses de jeeps,mitrailleuses,barges et autres engins lèvent vers le ciel bleu gris leurs moignons de fer rongés de rouille.
Les blockhaus,monstrueuses taupinières de béton,éparpillent leurs restes contre les barbelés qui déchirent l'étendue de sable.
Immense griffure qui lacère la plage blonde.
Cicatrice encore à vif.
Le sable a absorbé le sang,les larmes,les humeurs des corps mutilés.
Mais un cri muet,odieux,monte de ce paysage désordonné.
Les cimetières militaires vous accueillent dans leurs écrins de verdure.
Les centaines de croix de bois blanc ou de roche grise,flèches dressées dans l'herbe verte,vous obligent au silence.
La voix se noue,devient rocaille.
L'émotion est là,incontournable et parfois insoutenable.
L'instant est au partage.
On communie avec les âmes,les esprits de ces hommes,étrangers pourtant,anonymes parfois,qui reposent dans cet oasis face à la mer.
La douleur,le sacrifice de ces soldats deviennent palpables,audibles et dérangeants.
On repart différent,blessé,on comprend ce qu'est le sacrifice,on apprend l'humilité.

Le département de la Manche a des facettes plus festives.
Le charme des prairies plantées de pommiers,ambiance carte postale.
Les vaches noires et blanches ou rouges et blanches font taches de couleurs dans les patures vertes et luisantes.
Les longues routes rectilignes,le toit d'un clocher en point de mire.
Les marchés colorés aux senteurs si diverses.
Les jeune filles aux joues roses et aux sourires de perle.
Les trous d'obus maintenant remplis d'eau sont le repère d'innombrables grenouilles.
Ici,personne ne les pèche.
Louis va innover et la petite cuisine va embaumer l'ail et le persil durant le séjour des jeunes mariés.
Mais où que l'on aille,bien que plus de dix ans se soient écoulés,les combats ont laissé leurs taches de vérole.
Les villages,les villes sont de vastes chantiers à ciel ouvert.
Certaines ont été détruites à 90%,des champs de ruines.

En ce mois de juin,le vent balaie et peigne les ajoncs sur les flancs des dunes.
On se prend en photo,marchant sur le sable humide,c'est marée basse,la mer est loin,incertaine.
On sourit à l'objectif,emmitoufflé dans un imperméable qui bat sur les mollets,le foulard laisse échapper quelques mèches indisciplinées.
Louis,les pieds nus,les jambes de pantalon retroussées patauge dans les flaques éparses.
Les oiseaux marins passent en ras motte,piochant un coquillage,un minuscule crabe et l'air résonne de leurs cris aigüs.
Souvent un paysan arrive conduisant un attelage tirant une charette.
Il vient ramasser le varech que la mer a déposé derrière elle.
Les algues enrichiront les cultures et les jardins,donnant une saveur si particulière aux légumes.
Mais attention,ces surfaces lisses sont trompeuses,remplies de pièges.
Il faut connaitre la plage,savoir éviter ses traîtrises,les sables mouvants.
Le temps est capricieux,les nuages filent.
C'est les vacances,plaisir de respirer l'haleine fraîche et teintée d'iode de cette étendue nouvelle.






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Lundi 1 janvier 2007
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Au raz de l'eau,les couleurs changent.Les turquoises s'habillent de gris.
Au raz de l'eau,le bleu revet des reflets métalliques.Camaîeu de mercure au zèbrures translucides.
Les rayons du soleil dévient,irisent les courbes des vagues.
Le ciel et la terre se séparent,se distinguent,s'identifient chacun par rapport à l'autre.
Le ciel s'étale,traversé par la course ouatinée des nuages rebondis.Le bleu resiste,s'accapare l'espace.
A même la surface,la mer varie,s'étire,s'impose.Sa matière prend de la consistance,s'emplifie.
Les couleurs perdent cette blancheur laiteuse du lagon.La transparence devient critalline,scintillante.
Fluidité des fils de lumière parcourant l'ondulation des flots.
Apaisement.
Saveur d'éternité.
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On se perd entre ciel et terre.
 

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